WSP se branche sur le pétrole albertain

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Pierre Shoiry, président et chef de la direction de Genivar.

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Sylvain Larocque
La Presse

Alors que ses activités sont au ralenti au Québec et en Ontario, WSP (auparavant connue sous le nom de Genivar) met la main sur Focus, une firme d'ingénierie albertaine très présente dans le secteur des hydrocarbures.

WSP déboursera 366 millions pour Focus, qui compte 1700 salariés dans une vingtaine de bureaux situés en Alberta, en Colombie-Britannique, en Saskatchewan et en Nouvelle-Écosse. Une fois la transaction conclue, WSP emploiera environ 6100 personnes au Canada, soit 37% de sa main-d'oeuvre totale.

«Grâce à cette acquisition, nous accroîtrons notre importance dans le secteur canadien du pétrole et du gaz tout en renforçant notre présence dans l'Ouest», a affirmé hier le grand patron de WSP, Pierre Shoiry. Il a précisé que la transaction devrait permettre de faire progresser de 10% le bénéfice par action de l'entreprise cette année.

Au cours des 12 derniers mois, Focus a enregistré un chiffre d'affaires de 280 millions et un bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) de 44 millions. Le prix d'achat équivaut donc à 8,3 fois le BAIIA de Focus, alors que la valeur boursière de WSP représente actuellement environ 8,4 fois son BAIIA. Or, à 15,7%, la marge d'exploitation de Focus est presque deux fois plus élevée que celle de WSP, qui s'est établie à 8,5% en 2013.

WSP financera la majeure partie de la transaction en émettant pour 260 millions de dollars de nouvelles actions. La Caisse de dépôt et placement du Québec et l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada (OIRPC) achèteront chacun un bloc de 40 millions de dollars, ce qui leur permettra de conserver leur participation respective de 15,6% dans le capital-actions de WSP. Depuis la fin de 2011, la Caisse et l'OIRPC avaient déjà injecté 357 millions dans l'entreprise montréalaise, ce qui avait notamment permis à l'ex-Genivar d'acquérir la firme britannique WSP, en 2012.

Pour justifier un aussi grand recours à l'émission d'actions, la direction de WSP a expliqué qu'elle voulait se garder une marge de manoeuvre pour financer de nouvelles acquisitions par la voie de l'endettement.

«Nous examinons plusieurs opportunités dans le monde, a indiqué M. Shoiry. L'idée, c'était de sortir de cette transaction en bonne position pour soutenir notre stratégie d'acquisitions au cours des prochains mois.»

Résultats

WSP a par ailleurs publié hier ses résultats du quatrième trimestre. Les revenus se sont chiffrés à 530,4 millions, en hausse de 2,7%, alors que les profits nets ont atteint 17,9 millions (34 cents par action), en baisse de 23%. Le recul est principalement attribuable aux indemnités de départ versées aux employés de l'est du Canada licenciés en raison de la morosité du marché. En 2013, environ 500 salariés canadiens de WSP ont perdu leur emploi. Mais comme des postes ont été créés ailleurs dans le monde, l'effectif de l'entreprise a légèrement augmenté pendant l'année pour atteindre 15 000.

WSP connaît aussi des difficultés en Allemagne. Non seulement des projets d'envergure ont-ils subi des dépassements de coûts, mais encore l'entreprise a dû radier de mauvaises créances. On a aussi procédé à une restructuration là-bas dans l'espoir de corriger la situation.

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WSP en 2013

Chiffre d'affaires: 2,02 milliards, en hausse de 60%

Profits nets: 71,7 millions (1,38$ par action), en hausse de 55%




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