Un difficile retour à l'équilibre

À son arrivée aux commandes du ministère des Finances, Jim Flaherty hérite... (PHOTO AARON HARRIS, REUTERS)

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Rudy Le Cours
La Presse

À son arrivée aux commandes du ministère des Finances, Jim Flaherty hérite d'une situation saine: le Canada dégage des surplus budgétaires depuis 1999, et le poids de sa dette diminue. Le nouveau gouvernement veut aller plus loin en diminuant la taxe sur les produits et services (TPS), malgré l'avis contraire de la majorité des économistes. Depuis, c'est la longue quête du retour à l'équilibre. Flashback sur huit budgets.

2006-2007

(présenté le 2 mai 2006)

Pour souligner l'arrivée au pouvoir des conservateurs, le premier budget Flaherty annonce la réduction de 7% à 6% de la TPS, assortie d'une hausse de 15% à 15,5% du taux d'imposition minimal des particuliers. Les entreprises ont plus de veine avec l'abolition de l'impôt sur les gains en capital et la diminution progressive de 21% à 19% du taux d'imposition sur leurs revenus. Ottawa s'engage aussi à rétablir l'équilibre fiscal avec les provinces, au grand plaisir du Bloc québécois.

Données réelles: 13,6 milliards

2007-2008

(présenté le 19 mars 2007)

Promesse tenue. Ce budget augmente les transferts aux provinces et réforme la péréquation, au grand dam de Terre-Neuve-et-Labrador, qui n'en recevra plus, mais au plus grand plaisir du Québec, qui en touche près de 700 millions de plus qu'anticipé. Alors en campagne électorale, Jean Charest s'engage à abaisser les impôts des plus nantis. Réélu, mais minoritaire, il diminue les impôts de 900 millions et provoque l'ire du Canada anglais et d'Ottawa.

Données réelles: 12,7 milliards

2008-2009

(présenté le 26 février 2008)

Bien qu'on lui suggère de créer une réserve à partir de l'excédent précédent pour parer la récession qui pointe, le ministre l'affecte au remboursement de la dette. Il crée même le compte d'épargne libre d'impôt (CELI), qui le privera à terme de copieuses recettes. À la fin du mois de novembre, dans la foulée de sa réélection, le gouvernement présente une mise à jour qui table encore sur un léger surplus pour les deux prochains exercices.

Données réelles: - 5,8 milliards

2009-2010

(présenté le 27 janvier 2009)

La mise à jour de novembre 2008 a été vivement critiquée pour son aveuglement. M. Flaherty précipite la présentation de son budget dans lequel il ouvre les vannes, débloquant 40 milliards d'argent frais sur 2 ans. Il croit pouvoir rétablir l'équilibre budgétaire en... 2013-2014. Une nouvelle refonte de la péréquation fait perdre 1 milliard au Québec.

Données réelles: - 55,6 milliards

2010-2011

(présenté le 4 mars 2010)

Le ministre Flaherty poursuit le Plan d'action économique élaboré dans le budget précédent. La seule grande annonce concerne un programme quinquennal de réduction des dépenses évalué à 17,6 milliards. Les paiements de transferts aux provinces sont épargnés.

Données réelles: -33,4 milliards

2011-2012

(présenté le 6 juin 2011)

Après un premier essai le 22 mars jamais adopté en raison de la chute du gouvernement, le ministre Flaherty récidive le 6 juin, fort d'une nouvelle majorité conservatrice aux Communes. Le budget est terne, calqué sur le précédent, hormis deux nouveautés: l'abolition des subventions publiques aux partis politiques et l'octroi de 2,2 milliards au Québec en guise de compensation pour l'harmonisation de sa taxe de vente avec la TPS.

Données réelles: -26,3 milliards

2012-2013

(présenté le 29 mars 2012)

M. Flaherty montre ses vraies couleurs: hausse progressive à 67 ans du seuil d'admissibilité aux prestations de la Sécurité de la vieillesse, coupes de 5,2 milliards dans les dépenses ministérielles, réforme très mal reçue de l'assurance-emploi et élimination de 19 200 postes dans la fonction publique. Seule fantaisie: élimination de la pièce de 1 cent.

Données réelles: -18,9 milliards

2013-2014

(présenté le 21 mars 2013)

Même s'il avait songé à reporter d'un an le retour à l'équilibre, Flaherty présente un budget qui cible encore 2015-2016. Il multiplie les sources de conflits avec Québec: abolition du crédit d'impôt aux fonds de travailleurs, volonté réaffirmée de créer une commission unique des valeurs mobilières basée à Toronto et empiètement dans le programme d'aide à la formation de la main-d'oeuvre.

Prévisions de la mise à jour automnale: - 17,9 milliards




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