Québec accorde un sursis à une résidence pour handicapés

Résidant à la Maison Jean-Eudes-Bergeron, à Alma, Gino... (PHOTO GIMMY DESBIENS, LE QUOTIDIEN)

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Résidant à la Maison Jean-Eudes-Bergeron, à Alma, Gino Lebel a fait le voyage jusqu'à Québec, mardi, pour convaincre le gouvernement de sauver son domicile.

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(Québec) Les 20 personnes handicapées qui habitent la Maison Jean-Eudes-Bergeron, à Alma, pourront rester chez elles pour l'été, et peut-être pour de bon. Le gouvernement Couillard a confirmé, mardi soir, qu'il prolonge de deux mois le financement de cet établissement afin de l'aider à obtenir une nouvelle forme de soutien de l'État.

Le cabinet de la ministre déléguée à la Santé, Lucie Charlebois, a confirmé en soirée que Québec paiera près de 50 000 $ pour permettre à l'établissement de poursuivre ses activités en juillet et en août.

Ce sursis permettra à l'administration de compléter une demande pour que l'établissement soit désigné comme «îlot résidentiel». Il pourrait ainsi bénéficier de subventions de l'Office municipal de l'habitation, en plus de celles du ministère de la Santé.

«Il faut qu'ils déposent leur projet pour la transformation en îlot résidentiel et ça, ça leur achète du temps pour monter leur projet et s'enligner vers la transformation», a expliqué la porte-parole de la ministre, Bianca Boutin.

Faute de financement, la Maison devait fermer ses portes le 1er juillet. Ses résidants, des personnes lourdement handicapées, auraient été forcés de se trouver un nouveau logement. Plusieurs craignaient de se retrouver dans des CHSLD aux côtés de personnes âgées dont les besoins sont complètement différents.

Un groupe de résidants en fauteuil roulant s'est rendu à l'Assemblée nationale, mardi, pour convaincre le gouvernement de sauver leur domicile. Ils ont tenu une conférence de presse avec le député péquiste Alexandre Cloutier, assisté à la période de questions et rencontré la ministre Charlebois en fin de journée.

«J'ai fait des promesses à mes amis qui sont derrière moi, puis je leur ai dit que, tant et aussi longtemps que je vais être là, la Maison va rester ouverte», a déclaré Gino Lebel, qui a pris la parole au nom du groupe. «S'il faut, je l'ai dit hier [lundi] à plusieurs reprises, s'il le faut, je vais m'enchaîner à la bâtisse»

Pas en CHSLD

Au Salon bleu, le premier ministre Philippe Couillard, qui est responsable de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, a promis d'intervenir.

«Le message est clair : pour l'instant, les gens restent où ils sont, a affirmé M. Couillard. On va travailler pour trouver des solutions dans la région pour des soins dignes, des soins de qualité pour ces personnes qui ont besoin de toute la solidarité des Québécois.»

«On va tout faire pour trouver une solution à la Maison Jean-Eudes-Bergeron», a renchéri Mme Charlebois.

Elle a dit plancher sur un «scénario» de sauvetage, mais elle ne s'est pas engagée à prolonger le financement de l'établissement si ce plan devait échouer.

M. Couillard et Mme Charlebois ont, en revanche, assuré qu'il n'est pas question que les résidants soient transférés dans un CHSLD. Si l'établissement devait fermer, ils seront placés dans une ressource intermédiaire semblable à celle où ils habitent présentement.

Le député péquiste Alexandre Cloutier a pressé le gouvernement libéral de prolonger, au moins jusqu'à Noël, le financement de la Maison Jean-Eudes-Bergeron. Transférer ses résidants dans un CHSLD coûterait deux fois plus cher, a-t-il souligné.

«La résidence est flambant neuve, elle vient juste d'être construite, elle est fonctionnelle, ils l'aiment, c'est leur milieu de vie, a dénoncé M. Cloutier. Tout ce qui manque, c'est 25 000 $ par mois. Je ne peux pas croire qu'on va fermer une résidence pour 25 000 $ par mois.»

Le député de la Coalition avenir Québec François Paradis a lui aussi demandé au gouvernement d'empêcher la fermeture de l'établissement.

«C'est leur chez-soi, a-t-il dit. Si le gouvernement libéral n'intervient pas, si le premier ministre continue à ne pas intervenir, ces 20 résidants seront bientôt forcés de déménager, leur maison va fermer ses portes. Il reste 17 jours.»




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