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Zika: le risque de transmission sexuelle inquiète les autorités canadiennes

Gregory Taylor, administrateur en chef de la santé publique... (PHOTO Adrian Wyld, archives la presse canadienne)

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Gregory Taylor, administrateur en chef de la santé publique du Canada

PHOTO Adrian Wyld, archives la presse canadienne

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Oubliez les moustiques : c'est surtout le risque que le virus Zika se transmette au Canada par voie sexuelle qui inquiète l'administrateur en chef de la santé publique du Canada, Gregory Taylor. Invité hier par le Conseil des relations internationales de Montréal, M. Taylor s'est aussi notamment prononcé sur la légalisation de la marijuana. Compte-rendu de sa visite en trois enjeux.

ZIKA

Les moustiques capables de transmettre le Zika semblent vouloir gagner le Canada. Le mois dernier, quelques spécimens de l'espèce Aedes albopictus ont été identifiés à Windsor, à l'extrême sud de l'Ontario. Trois oeufs d'une autre espèce qui transmet le Zika, Aedes aegypti, ont aussi été découverts (on croit qu'ils ont été apportés par camion de Floride).

Ces moustiques n'étaient cependant pas porteurs du Zika et ils ne survivront pas l'hiver. En entrevue à La Presse, l'administrateur en chef de la santé publique du Canada a affirmé que la surveillance des moustiques fera l'objet d'une « attention spéciale » l'été prochain. Mais il ne s'agit pas là de sa plus grande préoccupation.

« Les risques de transmission sexuelle m'inquiètent davantage », a-t-il affirmé. M. Taylor a rappelé que 5 millions de Canadiens voyagent actuellement chaque année dans des zones touchées par le Zika (surtout l'Amérique latine). Ce nombre est appelé à bondir à mesure que le Zika gagne du terrain aux États-Unis, notamment en Floride, une destination prisée des Canadiens.

Les scientifiques estiment que le Zika peut survivre jusqu'à six mois dans le sperme, ce qui signifie qu'un homme qui se rend dans une zone touchée peut facilement contaminer d'autres personnes. Le risque est d'autant plus grand que 80 % des gens infectés ne ressentent aucun symptôme et n'auront donc pas le réflexe de se protéger. La probabilité qu'une femme transmette le virus lors d'une relation sexuelle est beaucoup plus faible.

Faut-il craindre une épidémie sur le sol canadien ?

« On réserve le terme épidémie pour des choses qui ont d'énormes impacts, a répondu M. Taylor. Une flambée de cas [outbreak] ? Sans aucun doute. Je décrirais le Zika comme une maladie infectieuse émergente qui aura certainement des impacts sur les Canadiens et que nous surveillons très étroitement. »

Rappelons que le Zika a été lié à des cas de microcéphalies (bébés qui naissent avec une trop petite tête) et au syndrome de Guillain-Barré.

MARIJUANA

Interpellé par un membre de l'auditoire, Gregory Taylor a par ailleurs révélé qu'il croiyait que la légalisation de la marijuana telle que prônée par Justin Trudeau était une bonne chose du point de vue de la santé publique.

« Les Canadiens sont parmi les plus grands utilisateurs de marijuana de toute la planète, a-t-il dit. Le système actuel ne fonctionne donc pas. Si nous la légalisons, nous pourrons l'étudier. Les faits scientifiques sur les impacts de la marijuana sont peu nombreux, car il est très difficile d'étudier quelque chose d'illégal. »

M. Taylor a précisé que des données récentes suggèrent que la marijuana pourrait avoir des effets à long terme sur le développement du cerveau, qui se poursuit jusque dans la vingtaine. La légalisation est la « seule chose logique à faire » pour permettre aux scientifiques d'en savoir plus sur le sujet, a-t-il plaidé.

EBOLA

Gregory Taylor a aussi donné des nouvelles de l'employé qui avait été exposé au virus Ebola au Laboratoire national de Winnipeg, une infrastructure fédérale. La semaine dernière, cet employé avait découvert une déchirure dans sa combinaison de protection alors qu'il venait de manipuler des porcs infectés par l'Ebola à des fins de recherche. M. Taylor a affirmé que l'employé avait choisi de prendre un vaccin expérimental contre l'Ebola, qu'il était toujours en isolement et qu'il le restera pour une période totale de 21 jours.

« Nous croyons toujours que les risques pour cette personne sont très faibles », a-t-il dit à La Presse.

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