Les Canadiens veulent l'étiquetage des aliments OGM

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Une étude commandée par Santé Canada révèle une profonde aversion pour les aliments génétiquement modifiés. Sur la photo : une variété de maïs génétiquement modifié, nommé Enogen, mis au point par l'entreprise Syngenta.

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Alors que Québec songe à adopter une loi sur l'étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM), une étude révèle que les Canadiens sont largement favorables à ce que l'on indique sur les aliments s'ils contiennent des OGM. Mais qu'ils sont drôlement mal renseignés sur le sujet.

MAUVAISE RÉPUTATION

Les OGM n'ont pas réussi à gagner le coeur des consommateurs canadiens : une étude, commandée par Santé Canada, révèle une profonde aversion pour les aliments génétiquement modifiés. De plus, 78 % des participants appuient l'étiquetage obligatoire des OGM dans les aliments. Les participants se demandent pourquoi le gouvernement ne va pas de l'avant et veulent une plus grande transparence de l'industrie alimentaire. S'ils avaient le choix, 62 % préféreraient acheter un aliment exempt d'OGM plutôt qu'un aliment qui en contient.

UN REJET SANS ÉQUIVOQUE

The Strategic Counsel a obtenu le contrat (119 000 $) pour réaliser cette étude en mars 2016. Elle comprend la participation de dix groupes de discussion dans cinq villes canadiennes, dont Québec, et un sondage auquel ont répondu 2018 personnes. Seulement le quart des Canadiens (26 %) seraient à l'aise de consommer des OGM et un peu moins (22 %) appuient le développement et la vente d'aliments génétiquement modifiés au Canada. « De grands efforts seraient requis pour informer et sensibiliser les Canadiens en vue de promouvoir l'émergence de points de vue positifs dans ce dossier », concluent les chercheurs qui regrettent que les positions des consommateurs s'appuient davantage sur « des valeurs que des connaissances ».

UNE OPINION LARGEMENT PARTAGÉE

Défi d'autant plus grand que ces idées sont partagées d'un océan à l'autre. Dans les groupes de discussion et lors du sondage, les chercheurs ont noté une « étonnante uniformité des opinions » des répondants de provenance et de profils démographiques différents. Dans son analyse, le rapport conclut que, pour les consommateurs canadiens, le jeu n'en vaut pas la chandelle puisque la moitié (48 %) des répondants ne comprend tout simplement pas l'utilité des OGM.

MOINS D'HORMONES, MOINS D'HERBICIDES

Par ailleurs, il n'y a pas que le génie génétique qui déplaise aux consommateurs canadiens : 82 % des participants à cette étude avouent être préoccupés par l'utilisation d'herbicides et de pesticides et presque autant (80 %) par celle d'antibiotiques et d'hormones de croissance en élevage. Enfin, une bonne nouvelle pour Santé Canada, 70 % des Canadiens croient que le gouvernement du Canada est une source d'information fiable dans ces dossiers.

NON AUX EXPERTS DE L'INDUSTRIE

Les scientifiques qui travaillent pour les entreprises de produits alimentaires sont un peu moins crédibles, puisque 54 % des participants affirment leur faire confiance. Les répondants croient que les évaluations des OGM menées par des scientifiques ne devraient pas être financées par l'industrie. « Bien qu'il soit de pratique courante pour l'industrie de partager ses données avec les scientifiques du gouvernement pour que ceux-ci puissent les examiner, les participants des groupes de discussion ont dit craindre que les données en cause soient manipulées de façon à promouvoir les intérêts de l'industrie. » Les participants accordent à peu près autant de crédibilité aux militants écologistes : la moitié croit qu'ils sont fiables, l'autre, non.

LES « FOSSÉS D'INCOMPRÉHENSION »

Le but de l'étude n'était pas de calculer l'appui public à l'étiquetage des OGM, mais plutôt de mieux éclairer les efforts de communication du ministère fédéral. « Santé Canada a jugé qu'il était prudent d'obtenir une interprétation plus à jour de l'opinion publique, dans le but de cerner et d'aborder les fossés d'incompréhension et les préoccupations particulières des Canadiens au sujet des aliments GM », peut-on lire dans le rapport. Si 61 % des Canadiens ont une impression négative des OGM, les chercheurs estiment que « les commentaires généralement négatifs formulés par les participants des groupes de discussion à propos des aliments GM découlent surtout d'une réaction émotionnelle ».

UN « DÉFI ÉPINEUX »

« Toute communication positive à propos des aliments GM susciterait, selon toute vraisemblance, une résistance vive et véhémente de la part du public, notamment des groupes anti-OGM, concluent les rédacteurs du rapport. Les opinions exprimées par les Canadiens représentent un défi épineux pour Santé Canada. » Le défi n'est toutefois pas insurmontable : après avoir pris connaissance d'« une série de faits et de renseignements pertinents », les mêmes personnes ont eu à se prononcer de nouveau sur leur perception des OGM. La proportion de personnes qui les croient sans danger est passée de 26 à 40 %. Les chercheurs concluent qu'« il est possible de faire évoluer positivement les points de vue des Canadiens ».

- Avec William Leclerc, La Presse

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