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Transferts fédéraux en santé: Québec se dit «pris en otage» par Ottawa

Dans le dossier du financement de la santé,... (Photo Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Dans le dossier du financement de la santé, la position du fédéral équivaut à une « décapitation » qui limitera l'accès aux soins, a dit le ministre québécois de la Santé Gaétan Barrette en entrevue avec La Presse.

Photo Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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(Ottawa) Le gouvernement Couillard dit être « pris en otage » par le gouvernement Trudeau dans le dossier du financement de la santé. La position du fédéral équivaut à une « décapitation » qui limitera l'accès aux soins, a dit le ministre québécois de la Santé Gaétan Barrette en entrevue avec La Presse.

Ottawa a indiqué plus tôt ce mois-ci que les transferts fédéraux en santé ne seront pas augmentés de 6 % - comme c'est le cas chaque année depuis 2004 - mais plutôt d'environ 3 % en 2017-2018. Pour Québec, le manque à gagner par rapport à l'ancienne formule (+ 6 % par année) serait de 385 millions en 2016-2017 et augmenterait à 971 millions en 2020-2021 en raison de l'effet cumulatif au fil des ans. « C'est une décapitation, on enlève un petit bout de la tête, on enlève un autre petit bout de la tête, un moment donné, on est rendu dans le corps », a indiqué le ministre Barrette.

« Au moment où j'ai des enjeux en croissance [des coûts], chaque fois qu'on m'en enlève, j'ai des décisions difficiles à prendre. Ce n'est pas moi le problème, c'est la population du Canada qui est lésée là-dedans. » - Gaétan Barrette, ministre de la Santé

Québec dénonce aussi le fait qu'Ottawa veuille imposer des conditions aux sommes supplémentaires (3 milliards sur quatre ans) promises en campagne par les libéraux fédéraux pour les soins à domicile et la santé mentale. Québec n'acceptera aucune condition. « L'argent va être dépensé dans les priorités qui correspondent aux priorités du fédéral, [mais] le fédéral n'est pas satisfait de ça, a souligné le ministre Barrette. [Le fédéral] veut nous dire exactement comment dépenser, [...] il veut que ce soit dépensé à sa manière, ça n'arrivera pas. [...] On voudrait que ce soit attaché avec des cordes et que nous, on dise fédéralisme asymétrique. »

Pour les patients, les propositions d'Ottawa limiteront l'accès aux soins, selon Québec. « Si je n'ai pas de financement, j'ai du monde à qui je ne donnerai pas de services de façon à peu près appropriée, a lancé le ministre Barrette. [...] Moins j'en ai, moins je donne de services. [...] Ne me demandez pas de ne pas dire là où je vais limiter l'accès, je ne le sais pas. [...] Je ne peux pas faire ce que je voudrais faire si j'avais un financement approprié. »

« C'EST BILL MORNEAU, LE PROBLÈME »

Québec veut que la part fédérale du financement en santé augmente d'environ 20 %-21 % actuellement à 25 %. Pour ce faire, il faudrait que les transferts fédéraux en santé augmentent de 6 % par an pendant 10 ans. Or, Ottawa a repris pour 2016-2017 la formule de 3 % par an prévue par le gouvernement Harper. Ottawa et les provinces doivent conclure une nouvelle entente de financement en santé. 

« C'est [le ministre fédéral des Finances] Bill Morneau, le problème. [...] J'ai toutes les indications qui me permettent de conclure qu'il y a une résistance intense au ministère des Finances », a dit le ministre Barrette, qui affirme n'avoir « aucun doute sur la bonne compréhension des enjeux » de sa collègue ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott. » Et le premier ministre Justin Trudeau ? « Je ne peux pas qualifier son leadership, il n'en parle pas, c'est comme si la santé n'existe pas pour le gouvernement fédéral », a-t-il dit.

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