Allocations professionnelles: les pharmaciens préparent une riposte

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Contrairement à ce qui avait été prévu, le plafond des allocations professionnelles des pharmaciens ne sera aboli totalement que dans neuf mois, selon un règlement publié mercredi par Québec. Les pharmaciens propriétaires, qui estiment que le ministre de la Santé Gaétan Barrette «renie sa signature et déshonore sa parole», se réuniront au cours des prochains jours pour préparer une riposte. «Tous les moyens sont sur la table», affirme le président de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), Jean Thiffault.

Tôt mercredi matin, le nouveau Règlement sur les avantages autorisés à un pharmacien a été publié dans La Gazette officielle. L'AQPP s'attendait à ce que le plafond des allocations professionnelles, aussi appelées ristournes, soit aboli. Depuis des années, ce plafond est fixé à 15% au Québec. Les allocations professionnelles sont les sommes que remettent les sociétés de médicaments génériques aux pharmaciens en fonction du volume d'achat.

Renier l'entente

En juin 2015, l'AQPP a signé une entente avec Québec. Les pharmaciens ont consenti à des coupes d'honoraires de 133 millions par année pendant trois ans. En contrepartie, le ministre Barrette s'est engagé à lever le plafond des allocations professionnelles pour la même période.

Depuis septembre, les pharmaciens ont versé plus de 50 millions au gouvernement, mais l'abolition du plafond des ristournes se faisait attendre. Pour boucler leur budget, les pharmaciens affirment avoir dû licencier plus de 1000 employés.

Contrairement à l'entente conclue, le Règlement publié mercredi prévoit que le plafond des ristournes sera fixé à 25% pour six mois à partir du 28 avril 2016 et à 30% pour les trois mois suivants. Le plafond sera ensuite levé pour deux ans et trois mois.

«Nous avions un engagement. Le ministre ne respecte pas sa signature. On dirait qu'il ne croit pas que plusieurs pharmaciens sont en situation précaire actuellement», déplore M. Thiffault.

L'environnement a changé, selon Barrette

Le ministre Barrette justifie sa décision en disant que «l'environnement a changé» au cours des derniers mois. Québec planche notamment sur le projet de loi 81, qui ouvre la porte à des appels d'offres pour l'achat de médicaments génériques.

Le ministre dit avoir voulu «se donner les moyens d'aller de l'avant avec le projet de loi 81 tout en protégeant les pharmaciens propriétaires». «Les pharmaciens ont déjà dit qu'un plafond d'allocations à 23% permettrait de compenser les ponctions, affirme le ministre. Avec un plafond à 25%, puis à 30%, les pharmaciens seront en meilleure position qu'avant l'entente», ajoute-t-il.

Ces affirmations font bondir M. Thiffault. «Un plafond à 23% ne permettra pas de combler les ponctions! Le ministre utilise un chiffre hors contexte, dit-il. Et si l'environnement a changé, c'est de la faute au ministre. Quand nous avons signé, nous ignorions la venue du projet de loi 81. Pas lui. La confiance est brisée.»

Selon les calculs de l'AQPP, le manque à gagner des pharmaciens s'élèvera à 82 millions à la fin de l'année. «C'est donc faux de dire que nous aurons épongé les ponctions», plaide M. Thiffault.

***

- Nombre de pharmaciens propriétaires au Québec: 2048

- Nombre d'employés dans les pharmacies: 41 000

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