10 % des Canadiens pourraient être exposés au plomb dans l'eau

Les communautés construites avant 1950 sont plus enclines... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Les communautés construites avant 1950 sont plus enclines à avoir utilisé du plomb dans l'aqueduc principal ou les lignes de service les connectant aux constructions.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Michelle McQuigge
La Presse Canadienne
TORONTO

Environ 10 % des Canadiens risquent d'être exposés au plomb contenu dans l'eau du robinet, estiment des experts en toxicité de l'eau.

Une étude financée par le Réseau canadien de l'eau (RCE) indique que les conduites de branchement reliant environ 60 000 foyers au réseau d'aqueduc de grandes villes contiennent encore du plomb, une substance très dangereuse pour l'humain, en toute quantité.

Le chercheur en chef Graham Gagnon, qui est également directeur du centre d'études en ressources hydriques de l'université Dalhousie à Halifax, indique qu'on peut aussi trouver des tuyaux contenant du plomb dans des petites collectivités et des bâtiments tels des écoles.

Mais M. Gagnon et d'autres experts soutiennent que les villes canadiennes ont reconnu les risques et entrepris, dans les dernières années, des efforts concertés pour diminuer le nombre de tuyaux de plomb dans leurs réseaux.

De telles mesures peuvent protéger ces villes d'une crise comme celle qui se déroule présentement à Flint, au Michigan, mentionne-t-il.

Cependant, les municipalités qui n'ont pas entrepris de projets de remplacement courent un plus grand risque.

«Ce serait probablement plus surprenant, selon moi, que cela arrive dans de plus grandes municipalités», a dit M. Gagnon.

«Pour les petites et moyennes villes, ce ne serait pas nécessairement surprenant, puisque les ressources nécessaires pour réaliser un programme de remplacement des conduites de plomb sont considérables.»

Les recherches menées par M. Gagnon et ses collègues à Montréal, à Québec, à Toronto et à St. Catharines ont permis de conclure que le fait de ne pas remplacer les conduites de branchement est plus dangereux pour les résidents qu'avant que les villes ne mettent leurs réseaux principaux à jour. Les conduites de branchement de plomb connectées à des tuyaux de cuivre peuvent provoquer une réaction chimique qui risque davantage de transmettre des substances dangereuses dans l'eau.

D'après le directeur des programmes municipaux au RCE, Bu Lam, les communautés construites avant 1950 sont plus enclines à avoir utilisé du plomb dans l'aqueduc principal ou les lignes de service les connectant aux constructions.

L'un des problèmes, a expliqué M. Lam, survient lorsque le réseau d'aqueduc sans plomb d'une municipalité se connecte à de vieux tuyaux. Les villes ne peuvent alors prendre en charge les rénovations puisqu'elles ne se font pas sur la propriété de la ville. La responsabilité revient à chaque propriétaire. La facture peut s'élever entre 2000 $ et 5000 $, et les coûts de chaque ville varient selon le prix de la main d'oeuvre, la grosseur de la propriété et d'autres facteurs.

C'est cependant une responsabilité que les Canadiens ne doivent pas négliger pour leur sécurité, insiste M. Lam.

«La situation idéale, bien sûr, est de ne pas avoir de tuyau de plomb du tout. Mais ce n'est pas la réalité. La réalité est que les municipalités et les propriétaires doivent se séparer les rôles pour régler la situation.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer