Accord sur la santé: les chefs autochtones veulent avoir leur mot à dire

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Un homme passe devant une clinique médicale de Vancouver, en mars 2015.

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Kristy Kirkup
La Presse Canadienne
OTTAWA

Sur fond de « vérité et réconciliation », et considérant le triste sort des peuples autochtones en matière de santé publique, leurs leaders espèrent avoir une place autour de la table de négociations pour une nouvelle entente sur les transferts fédéraux en santé.

Des données récentes de Santé Canada révèlent des écarts considérables entre Autochtones et allochtones au chapitre de l'espérance de vie ainsi que des maladies chroniques et contagieuses.

Les taux d'infections à la tuberculose, par exemple, sont cinq fois plus élevés chez les Autochtones en général, mais 50 fois plus élevés chez les Inuits.

Santé Canada estime aussi que 278 nouveaux cas de VIH ont été recensés en 2014 chez les Autochtones, ce qui représente 10,8 % de toutes les nouvelles infections par le virus du sida au pays cette année-là.

Isadore Day, chef régional pour l'Ontario à l'Assemblée des Premières Nations, et président du comité santé à l'APN, rappelle que les Autochtones vivent une crise de santé publique majeure, qui concerne tous les Canadiens.

Dans une lettre à la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, M. Day insiste aussi sur la nécessité d'inclure cette question lors des prochaines négociations sur le nouvel Accord sur la santé. Il rappelle d'ailleurs que la ministre Philpott, qui a déjà pratiqué la médecine dans des pays en voie de développement, peut très bien saisir l'ampleur de cette crise.

« En cette ère de ''vérité et réconciliation'', j'estime qu'il s'agit d'un enjeu majeur, a indiqué le chef Day en entrevue. Les peuples autochtones seraient en bien meilleure santé si ce n'était de la Loi sur les Indiens, des pensionnats pour Autochtones, des politiques coloniales. »

En entrevue, la ministre Philpott admet que cette situation est préoccupante - elle rappelle même les taux de suicide alarmants chez les jeunes Inuits. « J'en fais une priorité absolue, mais je ne peux pas agir seule: les gouvernements des provinces et territoires sont aussi impliqués dans certains domaines. Alors, nous allons en discuter tous ensemble. »

La ministre Philpott a d'ailleurs confirmé que les représentants autochtones seront impliqués dans le processus de négociation du prochain Accord sur la santé, sans préciser davantage quelle forme cela prendra.

La plus récente entente de 10 ans sur les transferts fédéraux en santé, conclue en 2004 entre le gouvernement libéral de Paul Martin, les provinces et territoires, a expiré le 31 mars 2014, mais le gouvernement conservateur sortant n'en a pas renégocié une nouvelle avec les partenaires de la fédération.

La ministre fédérale de la Santé doit rencontrer ses homologues des provinces et territoires mercredi et jeudi prochains à Vancouver.

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