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400 millions de plus que prévu aux médecins

Gaétan Barrette, ministre de la Santé.... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Gaétan Barrette, ministre de la Santé.

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(Québec) Une mauvaise surprise attend le gouvernement Couillard. Les nombreuses concessions aux fédérations de médecins ont pour conséquence que l'enveloppe prévue lors de l'étalement de la hausse de salaire, convenue il y a un an, ne suffira pas.

On peut prévoir que Québec devra payer au moins 400 millions de plus qu'il ne le prévoyait, au cours des sept années où l'entente sera en vigueur, car les coûts ont augmenté plus vite qu'anticipé de 2010 à 2015. La «sous-évaluation de l'augmentation de pratique» a fait que les enveloppes prévues l'an dernier ne seront pas suffisantes.

Ce constat embarrassant se trouverait, a-t-on appris, dans le rapport du vérificateur général qui sera rendu public la semaine prochaine, a confié à La Presse une source au sein du gouvernement. Au cabinet de la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, on n'a pas rappelé La Presse.

Le rapport devrait être déposé mardi ou mercredi prochain, puisque le jeudi est réservé à la mise à jour économique du ministre des Finances, Carlos Leitao. Québec a opté pour une simple synthèse, sans mesure fiscale, préférant attendre le prochain budget fédéral, qui promet des changements profonds dans la fiscalité des particuliers.

À la santé, le dépassement serait plus important du côté des spécialistes que du côté des omnipraticiens, ajoute-t-on, sans donner davantage de précisions, un équilibre normal puisque les deux tiers des honoraires versés aux médecins vont aux spécialistes.

L'automne dernier, les deux fédérations acceptaient de reporter 85% des augmentations qui devaient être versées à l'origine en 2014-2015 et 2015-2016. Il s'agissait d'étaler ensuite sur huit ans 1,2 milliard en hausses d'honoraires accordées sous le gouvernement Charest.

Au gouvernement, on tient à préciser qu'il n'y a pas eu d'argent dilapidé. Les dépassements viennent de l'augmentation du nombre de médecins et d'une efficacité croissante. Chaque dollar a servi à payer des actes supplémentaires ou des services à la population. Le constat du bureau du Vérificateur, indique-t-on, soulèverait tout le débat sur l'opportunité d'ententes de pratiques «fermées», qui supposent que l'on serre le robinet une fois atteint un plafond d'honoraires.

Les erreurs d'appréciation des coûts de la Santé liés à l'étalement de la hausse des honoraires des médecins ont, ces dernières semaines, donné lieu à une partie de bras de fer, en coulisse, entre le ministère de Gaétan Barrette et celui de Martin Coiteux. Du côté de la santé, on laisse entendre que l'affaire était mal barrée dès le premier jour parce que le Trésor s'était trompé: on aurait surévalué les honoraires à étaler, et on aurait persisté à le faire pour les sept années concernées. Au Conseil du trésor, on laisse entendre que le ministère de la Santé a ajusté ses chiffres et ses tableaux en cours de route pour aplanir ses erreurs de prévisions.

La Fédération des médecins spécialistes avait accepté de laisser sur la table une hausse de 394 millions pour la dernière et huitième année de l'entente. Avec les nouveaux calculs, l'économie sera plutôt 250 millions.

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