Isotopes médicaux: une étape cruciale franchie au Québec

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L'équipe du Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke a démontré, en partenariat avec l'Université de l'Alberta, que la qualité du technétium produit par le cyclotron de leur centre de recherche est équivalente à celui produit par réacteur nucléaire.

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Montréal

Des chercheurs de Sherbrooke ont annoncé lundi avoir franchi une étape majeure pour la production d'isotopes médicaux, qui sont cruciaux pour diagnostiquer plusieurs types de cancer, et cela, sans utiliser de réacteur nucléaire.

Les chercheurs ont ainsi réussi à transposer une avancée technologique - la production d'isotopes par cyclotron plutôt que par réacteur nucléaire - et à en faire un produit médical, testé sur 11 patients.

Bref, entre leurs mains, la technologie est passée du laboratoire de recherche à la salle d'examen d'un hôpital.

L'équipe du Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke a démontré, en partenariat avec l'Université de l'Alberta, que la qualité du technétium - un type d'isotope médical - produit par le cyclotron de leur centre de recherche est équivalente à celui produit par réacteur nucléaire. Les nouveaux isotopes permettent une clarté de l'image identique, mais ne produisent pas de déchets nucléaires.

L'approvisionnement futur en isotopes médicaux pourra donc se faire au moyen d'une technologie verte, a soutenu l'équipe du Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.

Les isotopes médicaux - une substance radioactive sécuritaire - sont utilisés pour diagnostiquer des maladies cardiaques, de l'appareil circulatoire et d'autres organes.

La production au Canada de ces isotopes avait grandement été affectée par l'arrêt temporaire du réacteur de Chalk River en 2009. Pendant ce temps, le Canada devait s'approvisionner auprès de réacteurs d'Europe et d'Afrique du Sud, selon Santé Canada. Le réacteur ontarien pourrait fermer en 2016 et plusieurs autres au monde sont vieillissants, arrivant à la fin de leur vie utile.

Dans un communiqué, le gouvernement du Canada se réjouit, car il souligne que cette technologie apporte la promesse d'un approvisionnement stable en isotopes. Il dit d'ailleurs avoir injecté 60 millions depuis cinq ans à des fins de recherche et de développement de nouveaux moyens de production.

La demande mondiale en technétium est présentement estimée à environ 40 millions de doses par année, mais les scientifiques prévoient qu'elle augmentera de 15 pour cent au cours des dix prochaines années compte tenu du vieillissement de la population, indique le centre de recherche sur son site.

La production de technétium par cyclotron - un accélérateur de particules dont la trajectoire d'accélération est circulaire - peut ainsi répondre aux besoins. C'est l'équipe du Centre de recherche de Sherbrooke qui avait réussi en premier à créer ces isotopes par cyclotron en 2010, a affirmé le Dr Éric Turcotte, nucléiste au CHUS et professeur-chercheur au CRCHUS et à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke.

«Les images obtenues avec le technétium produit par notre cyclotron sont équivalentes à celles produites avec du technétium provenant d'un réacteur et elles nous ont permis d'effectuer un diagnostic précis. Tel qu'attendu, aucun patient n'a eu d'effet secondaire», a-t-il fait valoir sur le site du centre.

Pour lui, l'avancée signifie «que s'il y a une pénurie d'isotopes, à Sherbrooke, on serait capables d'avoir du technétium pour quelques patients», explique-t-il en entrevue.

«C'est une bonne police d'assurance, s'il y a une panne d'un réacteur, dit-il. Et si une personne doit avoir un examen diagnostic demain matin, je vais pouvoir lui offrir, demain matin.»

En 2009, des patients avaient dû attendre des semaines, voire des mois, avant de pouvoir obtenir leur diagnostic.

Le Dr Turcotte souhaite maintenant que le technétium soit produit en plus grande quantité pour lui permettre de faire des études sur d'autres maladies.

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