Procréation assistée: un «investissement», selon une étude

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Selon l'analyse, qui a étudié le «rapport coût-bénéfice» des enfants issus de la procréation assistée, l'impact budgétaire du programme sera positif «à partir de 2033», alors que les premiers enfants issus du programme atteindront la majorité.

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Alors que le gouvernement doit statuer prochainement sur l'avenir du programme de procréation assistée, une nouvelle étude, financée par l'Association des couples infertiles du Québec, vient démontrer que ce programme est un «investissement à long terme».

Selon l'analyse, qui a étudié le «rapport coût-bénéfice» des enfants issus de la procréation assistée, l'impact budgétaire du programme sera positif «à partir de 2033», alors que les premiers enfants issus du programme atteindront la majorité.

«Nous sommes inquiets de l'avenir du programme. Oui, il y a peut-être de petits ajustements à faire. Mais il y a surtout des bénéfices qui en ressortent et il faut les voir», note la présidente de l'Association des couples infertiles du Québec, Virginie Kieffer Balizet.

Réalisé par la firme IS&B-Économie simplifiée, le rapport analyse l'impact à long terme du programme de procréation assistée en évaluant notamment «combien coûte en moyenne un enfant et combien il rapporte».

Même si les auteurs de l'étude reconnaissent que les données financières du programme de procréation assistée ne sont que «partiellement disponibles», ils estiment qu'une naissance par procréation coûte en moyenne 9970$.

L'étude mentionne qu'au Québec, un enfant n'est pas «rentable» de l'âge de 0 à 19 ans. Mais de 19 à 65 ans, les jeunes «commencent à contribuer positivement au trésor québécois». La cohorte 2013-2014 des enfants issus de la procréation assistée commencera donc à être «bénéfique» pour le Québec en 2033, «soit au plus fort de la transition démographique», alors que «le nombre de décès excédera celui des naissances au Québec».

«En stimulant le nombre de naissances aujourd'hui, le gouvernement du Québec "investit" dans ces naissances qui généreront ultérieurement des revenus d'impôts futurs», est-il écrit.

Même si le programme de procréation assistée «aura à court terme un impact négatif sur la situation financière du gouvernement du Québec», l'impact sera positif après 2033. L'étude estime même qu'entre 2034 et 2059, «les naissances attribuables au programme entre 2010-2011 et 2013-2014 permettront de réduire le déficit annuel de la province d'un montant allant de 16,1 millions de dollars à 74,3 millions».

Aucune donnée fiable

Vice-présidente adjointe de CIRANO, Johanne Castonguay a réalisé dernièrement une revue de la littérature sur les études économiques liées à la procréation assistée. Les résultats de son analyse avaient été transmis au Commissaire à la santé et au bien-être, qui a livré un important rapport sur la procréation en juin dernier.

Selon Mme Castonguay, les analyses économiques sur la procréation assistée, mais aussi sur tous les autres enjeux de santé au Québec, ne peuvent qu'être partielles. «Parce qu'il manque de chiffres, de données fiables. On ne connaît pas le réel coût par cas, incluant les coûts des complications, des cycles qui n'ont pas abouti à une naissance... Au Québec, on ne sait jamais combien ça coûte et on manque de chiffres pour faire les analyses», déplore Mme Castonguay.

Un avis partagé par Audrey L'Espérance, chercheuse post-doctorale au département de sciences politiques à l'Université de Toronto. «Il est difficile de tirer des conclusions économiques parce que les données ne sont pas disponibles au Québec», dit-elle.

Mais pour Mme Kieffer Balizet, les conclusions de cette nouvelle étude sont valables. «Les cohortes de naissances 2010 à 2013 du programme auront un impact positif à long terme sur les finances publiques du Québec», martèle-t-elle.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, doit annoncer d'ici Noël les modifications qu'il compte apporter au programme de procréation assistée.

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