Un comité avait demandé le rejet de la candidature de Porter

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Arthur Porter

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D'entrée de jeu, le comité chargé de recruter un nouveau directeur général pour le CUSM avait demandé que la candidature d'Arthur Porter soit rejetée, car il risquait d'attirer des ennuis à l'établissement. Le président du conseil d'administration a tout de même choisi celui qui allait devenir un paria quelques années plus tard.

C'est David Culver, ex-PDG d'Alcan et président du conseil du CUSM au moment de l'embauche de Porter, en 2004, qui a relaté lui-même cette histoire à La Presse hier.

En 2003, le conseil d'administration avait formé un comité spécial pour choisir un candidat à la direction, en partenariat avec la société de chasseurs de têtes Egon Zehnder. Ce comité était dirigé par l'avocat Eric Maldoff, fondateur du lobby anglophone Alliance Québec.

«Ce très bon comité avait trouvé deux très bons candidats. J'ai rencontré les deux et j'ai été très impressionné par Arthur Porter. Frappé!», se souvient M. Culver.

Mais peu après, Me Maldoff et son comité ont voulu retirer le nom d'Arthur Porter de la liste des finalistes. Ils ignoraient qu'il avait falsifié son CV, mais ils avaient d'autres motifs d'inquiétude. «Ils m'ont dit: «Nous savons que vous aimez Porter, mais malheureusement, nous ne croyons pas qu'il peut rester sur la liste. Il a eu des problèmes avec les médias et le gouvernement, à Detroit, et nous croyons que c'est une question de temps avant que les médias montréalais ne se mettent là-dessus»», raconte M. Culver.

Besoin d'un homme persuasif

Alors qu'il était directeur d'hôpital à Detroit, Porter avait été critiqué par des adversaires pour son style de gestion et éclaboussé par des allégations de conflits d'intérêts. Mais M. Culver était convaincu qu'il était le seul homme capable de convaincre le gouvernement Charest d'aller de l'avant avec le CUSM sans attendre que le CHUM soit prêt.

«Je leur ai dit que mon très bon comité de recherche manquait de courage. Qu'il n'était pas assez brave. J'avais besoin de quelqu'un de hors du commun. Je me suis dit qu'un Américain, un homme qui n'acceptait pas un non comme réponse serait un atout. J'avais besoin de quelqu'un de très persuasif», dit-il.

M. Culver se dit aujourd'hui «horrifié» et «déçu» par les accusations criminelles contre Arthur Porter, mais croit toujours que le nouveau CUSM n'aurait jamais pu être inauguré si vite sans lui. «C'est un miracle, et ça n'aurait pas eu lieu sans Arthur Porter», dit-il.

Il déplore le coût de construction et d'entretien, mais à ce sujet, il fait porter le blâme au gouvernement pour avoir imposé le mode partenariat public-privé, qu'il juge inapproprié dans ce contexte. «Un hôpital n'est pas une autoroute ou un entrepôt», lance-t-il.

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