«La mort au bout de l'aiguille»

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

«Des gens qui sont très proches de moi et qui sont morts cette année, il y en a sept ou huit», calcule Pascal, qui vient de s'injecter une dose de cocaïne, à l'ombre de la Grande Bibliothèque de Montréal.

«La mort est souvent au bout de l'aiguille. Chaque fois que tu joues avec des injections, tu joues avec ta vie», explique le sans-abri de 42 ans, convaincu à l'instar de plusieurs que l'épidémie actuelle de surdoses est liée à la présence de Fentanyl dans plusieurs drogues.

Michael compte aussi quelques amis qui ont fait des surdoses dans la dernière semaine. L'un d'eux est mort. Le jeune homme de 22 ans, qui tente de faire un peu de fric avec son squeegee, admet avoir peur. «Moi, j'ai arrêté la cocaïne à cause de ça parce que je n'ai pas le goût de crever ou de me ramasser à l'hôpital», raconte Michael, qui se contente de comprimés comme la dilaudid, très populaire sur le marché noir.

Comme la rue est tricotée serré, il constate que chaque nouvelle surdose devient la nouvelle du jour. Mais pas au point de convaincre les gens de cesser de consommer. «La rue, c'est pas une vie, c'est de la survie. Ça fait que aussi bien être gelé», soupire Pascal.

Quelques consommateurs avouent qu'ils ne consomment plus seuls et qu'ils diminuent les doses.

Sensibilisation et pistes de solution

Les différents acteurs du milieu mènent présentement des blitz d'information pour sensibiliser les consommateurs à la situation.

Duane Mansveld, un travailleur de rue d'expérience, avoue n'avoir jamais vu autant de morts et d'hospitalisations. «Tout le monde est préoccupé: les proches, les compagnons de rue et même ceux qui ne connaissent pas personnellement les victimes», explique M. Mansveld de l'organisme Pax-Communauté de rue, lui-même éprouvé par la mort d'un des jeunes qu'il suivait.

La situation donne des arguments massue en faveur de la création de sites d'injection supervisés.

«Il va toujours y avoir des surdoses, mais les places supervisées vont fournir un milieu sécuritaire», croit M. Mansveld.

Pour Marianne Désilets-Tremblay, la distribution à grande échelle de naloxone, un antidote pour traiter les surdoses d'opioïdes, pourrait aussi contribuer à sauver des vies. «À l'heure actuelle, seulement une douzaine de paramédicaux sont autorisés à injecter ce remède», déplore-t-elle.




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