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Les médecins dénoncent le minutage

Depuis l'implantation de la méthode Proaction dans une... (Photothèque Le Soleil)

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Depuis l'implantation de la méthode Proaction dans une dizaine de CSSS de la province, infirmières, psychologues, et la plupart des intervenants à domicile se sont insurgés contre la méthode imposée, qui consiste à tout minuter, du nettoyage d'oreilles au suivi en cas de décès.

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Les médecins responsables des soins à domicile dans Ahuntsic-Montréal-Nord font front commun pour dénoncer la méthode Lean de la firme privée Proaction. Selon une dizaine d'entre eux, qui ont fait parvenir une lettre à la direction du centre de santé (CSSS), le minutage des actes met carrément en danger la qualité des soins auprès des patients, et nuit à la santé des employés qui travaillent à domicile.

Depuis l'implantation de la méthode Proaction dans une dizaine de CSSS de la province, infirmières, psychologues, et la plupart des intervenants à domicile se sont insurgés contre la méthode imposée, qui consiste à tout minuter, du nettoyage d'oreilles au suivi en cas de décès. Plusieurs se disent au bord de l'épuisement, quand ils ne sont pas déjà en congé de maladie. Mais c'est la première fois que des médecins qui ne sont pas directement engagés dans le processus, et qui ne sont pas tenus de se conformer à la méthode prônée par Proaction, demandent à la direction de faire marche arrière, en exigeant des changements immédiats.

Les médecins signataires de la lettre, dont le Dr Diane Milot, le Dr Danny Castonguay et le Dr Chirina Manafy, mettent en lumière plusieurs dérives possibles en se référant à leur code de déontologie, ainsi qu'aux balises de gestion dictées par le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. « Le message véhiculé dernièrement par le CSSS est que la méthode Proaction appliquée est efficace, et qu'implicitement, la productivité est synonyme de qualité des soins. Or, il est extrêmement réducteur d'évaluer la qualité des soins dispensés en fonction du nombre de patients vus, ou du nombre de visites à domicile réalisées », déplorent-ils.

Les médecins citent plusieurs exemples, notamment au sujet des risques de complication par manque de temps pour une évaluation complète des patients. Ils préviennent aussi que plusieurs patients risquent de se retrouver aux urgences si les soins nécessaires ne sont pas prodigués. Le risque d'erreurs, la satisfaction des patients, de même que l'efficacité de l'approche préventive sont aussi mis en doute par les médecins. Ils notent enfin que des effets néfastes sur l'état de santé physique et mental du personnel commencent à se faire sentir.

La directrice du CSSS Ahuntsic-Montréal-Nord, Diane Daigle, a refusé d'accorder une entrevue à La Presse au sujet de la lettre, en précisant qu'elle voulait en parler d'abord avec les médecins. Pour leur part, les médecins concernés ont préféré attendre les suites avant de faire des commentaires. Sans en appeler à un boycottage complet, les employés de ce CSSS ont annoncé à la direction qu'ils n'entendent plus remplir les grilles de minutage ni participer aux réunions imposées dans le cadre de la méthode Proaction, selon les informations obtenues.




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