Hôpital de Lachine: la bataille se transporte devant les tribunaux

Attente à l'hôpital communautaire francophone Saint-Joseph-de-Lachine.... (Photo Marco Campanozzi, archives La Presse)

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Attente à l'hôpital communautaire francophone Saint-Joseph-de-Lachine.

Photo Marco Campanozzi, archives La Presse

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L'avenir de l'hôpital communautaire francophone Saint-Joseph-de-Lachine se jouera devant les tribunaux. À moins que le gouvernement ne change de cap, les médecins de l'établissement intenteront des recours afin que les péquistes respectent le contrat signé sous les libéraux.

Cette entente devait faire de l'hôpital la vitrine francophone complémentaire du futur Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Approuvée en 2008 par l'Assemblée nationale, elle prévoyait une somme de 66 millions pour moderniser l'hôpital et lui assurait une gestion autonome, à l'image de l'Hôpital de Montréal pour enfants, aussi affilié au CUSM.

Mais le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a plutôt confirmé sa volonté, qui n'était qu'une tentative avant les Fêtes, de retirer l'hôpital du CUSM pour en confier la gestion au CSSS Dorval-Lachine-LaSalle. Il a officiellement demandé à l'agence de la santé de Montréal d'entreprendre des travaux en ce sens.

Dans la foulée, à la lumière d'un article paru dans La Presse, le ministre a suspendu la veille la fermeture de 20% des lits de l'hôpital, soit 10 lits, et ce, jusqu'à nouvel ordre. «On ne se laissera pas faire, a dit à La Presse le Dr Paul Saba, chef des médecins (CMDP) de l'hôpital. Le CSSS va scrapper notre hôpital, et c'est le mot juste. Ça va juste créer plus de problèmes. Autrefois, nous étions affiliés à ce CSSS, et les relations n'étaient pas saines. Selon nous, on veut nous transformer en centre ambulatoire à moyen ou à long terme.»

En point de presse, hier matin, la présidente-directrice générale de l'agence de santé de Montréal, Danielle McCann, a confirmé que le ministre Hébert avait donné ordre aux directeurs généraux d'amorcer le travail pour affilier de nouveau l'hôpital au CSSS Dorval-Lachine-LaSalle. Cette décision entraînera la révision complète du budget de fonctionnement de l'établissement communautaire. «On va maintenir les services de deuxième ligne, de même que la première ligne», a assuré Mme McCann, en soulignant qu'il y a tout de même un équilibre budgétaire à maintenir.

Elle a aussi admis qu'il n'y a actuellement aucun financement pour maintenir ouverts les 10 lits menacés de fermeture, qui sont destinés à des patients en attente d'hébergement. Et elle a concédé que, dans le déficit projeté de 115 millions du CUSM, au moins 4 millions devaient être versés à l'hôpital de Lachine.

Une «possibilité»

De passage à Laval pour annoncer des investissements en cancérologie, hier après-midi, le ministre Hébert s'est montré plus nuancé. Il a affirmé qu'il avait demandé à l'Agence «d'examiner la possibilité» de désaffilier l'hôpital du CUSM. «J'ai demandé un rapport sur la faisabilité dans quelques mois», a-t-il précisé. En ce qui concerne les 66 millions promis, il a dit que le financement dépendrait de la future vocation de l'établissement. «On veut mieux servir la communauté. On peut se demander, par exemple, si la meilleure affaire pour cet hôpital est de se concentrer sur l'obésité (chirurgie bariatrique). La décision n'est pas un enjeu linguistique; il faut comprendre que cet hôpital n'a jamais été et ne sera jamais une priorité du CUSM.»

Le projet de désaffiliation a fait bondir les maires de Lachine et de Dorval, qui ont prévenu le ministre Hébert que la communauté n'hésitera pas à se mobiliser pour sauver l'hôpital et s'assurer que les patients reçoivent des soins les plus pointus grâce à son partenariat avec le CUSM. «On dirait un film qu'on a déjà vu, un film d'horreur, déplore Claude Dauphin, maire de Lachine. On demande une rencontre avec le ministre. Nous n'avons jamais été consultés, non plus que le conseil d'administration, à ce que je sache.»

En désaffiliant l'hôpital de Lachine du CUSM, il est clair que le contrat signé sous les libéraux pour sa modernisation devra être révisé. Ce contrat était en voie d'être acheminé à Infrastructure Québec, qui a remplacé l'ancienne Agence des partenariats public-privé (PPP), pour qu'un plan d'affaires soit établi. L'entente prévoyait notamment des services en pédiatrie pour décharger les soins de première ligne de l'Hôpital de Montréal pour enfants. Il était aussi question d'augmenter la superficie de l'établissement pour créer au moins 60% de chambres individuelles. L'hôpital devait par ailleurs conserver ses urgences.

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