120 aînés confiés à la résidence Navarro malgré de graves lacunes

Les inspecteurs se sont rendus en juillet 2011... (Photo: Robert Skinner, Archives La Presse)

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Les inspecteurs se sont rendus en juillet 2011 à la résidence Navarro, dans l'est de Montréal. Ils ont constaté que l'établissement «n'a pas déployé la mise en place d'un milieu de vie de qualité».

Photo: Robert Skinner, Archives La Presse

Pensionnaires qui attendent trop longtemps avant d'avoir de l'aide, infirmières en nombre insuffisant, intervenants qui donnent des ordres plutôt que de converser de manière respectueuse... Si l'on se fie au rapport des inspecteurs du gouvernement, la qualité des soins et des services offerts à la résidence pour aînés Navarro, à Montréal, laisse grandement à désirer.

Malgré ces graves lacunes, l'agence de la santé de Montréal n'hésite pas à confier près de 120 personnes âgées en lourde perte d'autonomie à cet établissement, a constaté La Presse.

Les inspecteurs se sont rendus en juillet 2011 à la résidence Navarro, dans l'est de Montréal. Ils ont constaté que l'établissement «n'a pas déployé la mise en place d'un milieu de vie de qualité».

Ils notent que les repas «se déroulent dans une atmosphère peu conviviale». Les patients qui n'aiment pas un plat ne se voient rien offrir d'autre, pas même un sandwich. «La seule option offerte pour un résidant est un yogourt. L'équipe a été témoin que deux résidants n'ont pas mangé et leur plateau a été ôté sans offrir autre chose», écrivent les inspecteurs.

«Plusieurs familles se sont plaintes du manque de surveillance» à la résidence Navarro et des «délais trop longs pour répondre au besoin d'assistance» des patients, par exemple pour changer les culottes d'incontinence souillées.

Certains employés de la résidence Navarro ont «peu d'interaction» avec les patients ou leur parlent d'un «ton autoritaire». «Ils donnent des ordres plutôt que de converser de manière respectueuse», écrivent les inspecteurs. Dans les salles d'eau, certains produits toxiques sont accessibles aux patients.

Toujours pareil

Les inspecteurs du gouvernement avaient déjà visité la résidence Navarro en mars 2009 et avaient noté plusieurs lacunes. La direction de l'établissement avait assuré que les changements nécessaires avaient été faits, mais les inspecteurs ont noté lors de leur deuxième visite, en juillet 2011, que ce n'était pas du tout le cas.

La situation est d'autant plus problématique que l'agence de la santé de Montréal achète la quasi-totalité des 120 lits de la résidence Navarro pour y placer des patients en hébergement transitoire. Ces patients sont en perte d'autonomie avancée et nécessitent en moyenne trois heures de soins par jour.

Dans leur rapport de juillet 2011, les inspecteurs s'inquiètent d'ailleurs du fait que «les ratios du personnel du CHSLD Vincenzo-Navarro sont inférieurs à ceux d'autres établissements du réseau», alors que sa clientèle est bien lourde. «Il est impératif de s'assurer de la sécurité des lieux afin d'éviter les risques d'accident», concluent-ils.

La résidence Navarro n'est pas la seule à posséder un contrat de service avec l'agence de santé de Montréal même si ses évaluations sont dévastatrices. Avant Noël, La Presse a révélé qu'un autre établissement de l'Ouest-de-l'Île se trouvait dans la même situation.

Améliorations?

À l'Agence de santé de Montréal, on explique que plusieurs améliorations ont été apportées à la résidence Navarro depuis le dernier rapport. «On a engagé l'équivalent d'une infirmière et demie à temps plein. On est en suivi étroit avec eux. On a notamment fait une visite surprise en octobre. Il y a une grande mobilisation du milieu pour s'améliorer», dit la porte-parole de l'Agence de Montréal, Geneviève Bettey.

Le directeur général de la résidence Navarro, Jean Roy, ajoute qu'une étude a été menée par une firme externe pour connaître les besoins réels des usagers et améliorer les ratios personnel/patient. Cette analyse a conclu qu'il fallait engager des infirmières. «On doit faire des demandes à l'Agence à ce sujet», dit M. Roy.

Une conseillère en milieu de vie a aussi été embauchée. «On prend le rapport au sérieux. Depuis l'an passé, on est reconnu par Agrément Canada avec la norme la plus élevée qui reconnaît la qualité de nos soins et services, assure M. Roy. On va continuer de s'améliorer.»




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