Tournée des maternités de la région de Montréal

Hôpital général Juif: baisse du taux de césarienne (Photo: François Roy, archives La Presse)

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Photo: François Roy, archives La Presse

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Hôpital général Juif: baisse du taux de césarienne

Le taux de césarienne diminue pour une 4e année consécutive dans cet établissement du quartier Côte-des-Neiges.

«Pour les césariennes primaires (soit la première grossesse), le taux est passé de 19,2% à 15,6%. Alors que le taux de césarienne augmente partout, il diminue chez nous», se réjouit la directrice du département d'obstétrique de l'Hôpital général Juif, la Dre Louise Miner.

Selon elle, cette diminution est en partie due au nouveau système de garde des obstétriciens. «Tous nos accouchements sont dans un «pool». On se sépare le prix total des accouchements», explique-t-elle.

Certes, la patiente a moins de chance d'accoucher avec son médecin. Mais le médecin de garde, qui est sur le point de terminer son quart de travail ne sera pas incité à provoquer inutilement une patiente ou à opter trop rapidement pour la césarienne.

Accompagnatrice à la naissance au centre Mère et monde, Isabelle Roy n'a rien à dire sur la qualité des soins offerts à l'hôpital général juif. «Mais parfois, un très grand nombre de résidents peuvent venir assister à l'accouchement... » note-t-elle.

Hôpital Ste-Justine: expertise poussée

En regardant les statisques de l'hôpital Ste-Justine, on remarque que le nombre de mortinaissances y est plus élevé qu'ailleurs. «On en a eu 60 en 2008-2009. Mais la plupart de ces décès sont dû à la prématurité extrême de certains bébés. On accouche des cas très difficiles ici», note la chef du département d'obstétrique, la Dre Diane Francoeur.

Celle-ci tente actuellement d'obtenir du financement afin de construire des chambres de séjour pour les mères qui perdent leur enfant à la naissance ou dans les jours suivants. «Car pour ces femmes, c'est difficile de séjourner dans une chambre aux côtés des nouvelles mamans », note la Dre Francoeur.

En ce qui concerne les autres statistiques, la Dre Francoeur dit que Ste-Justine adopte la philosophie du moins d'intervention possible. «On ne fait pas de césarienne s'il ne faut pas», dit-elle.

En plus des nouvelles chambres pour les mères en deuil, la Dre Francoeur a bien hâte que les chambres de séjour postnatales soient rénovées. «Les chambres actuelles ne sont pas très belles. Elles ne sont même pas climatisées », note-t-elle. Lors du passage de La Presse en juillet, des patientes se promenaient une débarbouillette froide dans le cou.

Hôpital Royal-Victoria: faible taux de césarienne

L'hôpital Royal-Victoria enregistre une forte hausse du nombre de naissances depuis trois ans. Un peu plus de 3800 bébés y ont vu le jour l'an dernier. Et pour les six premiers mois de cette année, on en compte déjà 2031.

Le département de naissances de l'hôpital Royal-Victoria sera déménagé au nouveau CUSM dès 2014. Seul hic: on n'y comptera que neuf salles d'accouchement. «Les installations seront à la fine pointe. Mais on sait déjà qu'on pourra faire au maximum 3500 accouchements par année», confirme le directeur du département d'obstétrique de l'hôpital Royal-Victoria, le Dr Robert Gagnon.

Sur une note plus positive, le Dr Gagnon est fier du taux de césarienne de son établissement (26,8%) «Pour un centre de pointe comme nous, c'est excellent», dit-il.

Mais pour Karine Bergeron, qui est accompagnante à la naissance chez Mère et monde, l'hôpital Royal-Victoria est plutôt reconnu pour être assez interventionniste. «L'hôpital n'a pas beaucoup d'outils pour gérer la douleur autre que la péridurale et on ne respecte pas toujours les demandes des couples», dit-elle.

Hôpital Pierre Le Gardeur: le luxe

L'Hôpital Pierre Le Gardeur est l'un des rares centres hospitaliers permettant aux mères d'accoucher dans la même chambre dans laquelle elles séjournent ensuite. Ces chambres sont lumineuses et fort appréciées de la clientèle. Lors de notre passage par un beau mardi matin d'été, Émilie Bernier berçait sa fille, la petite Jeanne Moreau. Elle s'apprêtait à obtenir son congé. C'est la deuxième fois en un peu plus de deux ans que Mme Bernier accouchait à l'hôpital Pierre Le Gardeur. «On en veut un troisième. Et c'est sûr que je vais venir ici. C'est beau et le personnel est super gentil», disait Mme Bernier. Beaucoup d'efforts ont aussi été mis récemment pour diminuer le taux de césarienne, qui est passé de 20% à 18,6% en trois ans.

Ste-Marys: les Nations unies à l'hôpital

Situé sur une petite rue peu passante du quartier Côte-des-Neiges, l'hôpital Ste-Marys est le centre qui accouche le plus de femmes chaque année à Montréal (4763 en 2009-2010). L'établissement dessert une clientèle fortement multiethnique. «On parle plus de 30 langues ici », note la chef du département d'obstétrique, Marie-France Brizzard.

Cette dernière note toutefois que de plus en plus de patientes parlent français. «On accouche la génération d'enfants d'immigrés qui sont nés ici ou qui ont déménagé assez jeunes pour parler français! » note Mme Brizzard.

Parce qu'une forte proportion de la clientèle est peu fortunée, l'hôpital Ste-Marys offre aux nouvelles mamans de séjourner dans des salles communes gratuites. «Mais ces chambres sont aménagées pour offrir beaucoup d'intimité. Les lits sont séparés par un demi-mur au milieu », explique Mme Brizzard.

Anna Laberge: marcher en accouchant

À l'hôpital Anna-Laberge, le confort de la femme qui accouche est important. Les 20 chambres de naissances individuelles offrent toutes une vue sur l'extérieur. Durant le travail, les mères peuvent même sortir marcher dans le jardin extérieur.

Cinq chambres sont aussi munies de lits doubles. Puisque le séjour des nouvelles mamans se déroule dans la même chambre que l'accouchement, ces lits double permettent aux pères de dormir avec leur douce-moitié.

Lors de la visite de La Presse, le département des naissances d'Anna-Laberge était très silencieux. «C'est toujours comme ça! » assurait la chef du département, Sylvie Gosselin. Marie-Josée Leclerc qui venait d'accoucher par césarienne de sa fille de 10 livres, Audrey-Maude Prud'homme a confirmé que le département est très silencieux. «Et quand j'ai accouché ici de mon autre fils qui a maintenant trois ans, c'était aussi tranquille», a-t-elle déclaré.

Charles-Lemoyne: améliorations majeures

En participant au programme AMPRO, l'hôpital Charles-Lemoyne a réussi à baisser plusieurs de ses taux d'interventions médicales depuis 2006. Par exemple, le taux de césarienne est passé de 26% à 24,5% et la péridurale de 79% à 59%. «La clientèle est aussi plus informée. D'où la chute drastique des statistiques», selon la coordonatrice des soins, Carole Cormier.

En plus d'avoir amélioré ses statistiques, l'hôpital Charles-Lemoyne a rénové ses chambres de séjour à l'été 2008. Et elle en avait bien besoin de l'avis de l'infirmière chef, Lise Bélanger. Les bidets ont entre autres été enlevés.

St-Eustache: un programme qui marche

Depuis trois ans, l'hôpital de St-Eustache participe au programme AMPRO. «Ce programme vise à diminuer les risques obstétricaux », explique le Dr Guy-Paul Gagné, directeur de AMPRO Québec. D'ici 2011, tous les hôpitaux du Québec seront inscrits dans cette démarche. «Notre technique encourage le travail d'équipe et la communication. On fait une mise à jour des connaissances. On fait des revues des actes. Les équipes locales ciblent leur problématique, comme le taux de césarienne élevé ou le trop grand nombre d'induction, et tentent de la régler », explique le Dr Gagné.

À l'hôpital de St-Eustache, on note une baisse importante du taux de césarienne et du taux de péridurale. « Et le climat de travail est excellent », note la chef de l'unité des soins infirmiers, France Lebrun.

Les quatre salles d'accouchements de St-Eustache sont vieillottes. Mais le directeur des services technique, Michel Bordeleau, confirme qu'un projet de rénovation de 30 000$ vient d'être approuvé.

Hôpital Lasalle: le coup de coeur

Isabelle Michaud, Isabelle Roy et Karine Bergeron sont toutes trois accompagnatrices à la naissance au centre Mère et monde. Quand on leur demande dans quel hôpital elles réfèreraient leurs amies pour accoucher, la réponse est unanime: l'hôpital LaSalle. «La très grande majorité du personnel est humain, respecte le choix des parents ainsi que la plupart des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé comme celle de donner à la mère la possibilité de manger et boire pendant le travail», note Mme Roy.

«La majorité du personnel laisse le couple vivre leur travail à leur façon», ajoute Mme Bergeron. «Les médecins et infirmières ne voient pas l'accouchement comme un état à traiter, mais comme une fonction naturelle du corps de la femme. Ils sont moins portés à vouloir intervenir dans le processus de la naissance qui, dans la plupart des cas, se déroule très bien», conclut Mme Michaud.

L'hôpital LaSalle est le seul à Montréal a présenter 34 chambres de naissances où les mères effectuent aussi leur séjour.

Sacré-Coeur: amélioration des lieux physique

Lors du dernier passage de La Presse dans les chambres de naissances de l'hôpital du Sacré-Coeur en 2006, la piètre apparence des lieux avait été notée. Parce que les gaz n'étaient pas «centraux», des bombonnes d'oxygène devaient être présentes dans les chambres. Des fils pendaient de partout. L'air climatisé n'était pas offert.

La chef d'unité obstétrique/gynécologie à Sacré-Coeur, Gabriela Ponce, explique que des travaux de rénovations ont été effectués en 2008. «La climatisation est présente, le mobilier est retapé et les gaz médicaux ont été cachés», dit-elle.

D'ici quatre ans, le médecin en chef du département, le Dr Michel Welt, espère obtenir la permission d'agrandir son département pour réaliser 2500 accouchements par année. Les chambres de séjour pourraient aussi être rénovées. «J'ai hâte. Elles sont minuscules. Les pères ne peuvent même pas y séjourner», déplore le Dr Welt.

CHUM: une clientèle toute particulière

L'hôpital Saint-Luc du CHUM, situé au centre-ville, est spécialisé dans les pathologies maternelles. La clientèle desservie est pauvre. «Il y a beaucoup de grossesses à risques, comme des patientes atteintes de fibrose kystique, de cyrrhose du foie ou d'anémie», note la chef du département de naissances, la Dre Marie-Josée Bédard.

Au fil des ans, le CHUM a développé une expertise auprès des bébés intoxiqués par l'alcool ou les drogues. Auparavant, ces bébés devaient rester hospitalisés six mois. «Maintenant, ils quittent après dix jours», note le Dre Bédard.

Hôpital Maisonneuve-Rosemont: à plein régime

Le département des naissances de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) fonctionne à plein régime. Les chambres d'accouchement sont si utilisées, que les murs sont défoncés à certains endroits. Les planchers sont usés.

Les chambres de séjour sont aussi vieillotes.

Depuis quatre ans, le nombre d'accouchements n'a cessé d'augmenter à l'HMR, qui subi de forte pression. Depuis 2006, le taux de césarienne y a augmenté de 3%. Isabelle Michaud qui est accompagnante à la naissance chez Mère et monde n'aime par l'HMR qu'elle juge «interventionniste». «Il arrive qu'ils voient l'accouchement comme une épreuve qui peut tourner à la catastrophe. Ils prônent souvent la péridurale à tout prix», dit-elle.

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, reconnaît que l'est de Montréal, qui est desservi par l'HMR, vit une situation particulière. Pour améliorer les services à la population en obstétrique, le ministre planche actuellement à la création d'un service de sages-femmes dans l'est de l'île.

Pierre Boucher: de plus en plus naturel

Depuis quelques années, l'hôpital Pierre-Boucher tente de revenir à la base de l'accouchement naturel, en limitant le nombre d'interventions et en rapprochant mères et bébés. À la pouponnière, où l'on peut accueillir jusqu'à 11 bébés prématurés, on privilégie l'approche «kangourou». «On encourage les parents à garder leur enfants sur eux le plus souvent possible. Les recherches ont montré que cette technique facilite les traitements aux bébés et raccourcit la durée de l'hospitalisation », note le Dr François Raymond, directeur du programme mère-enfant-jeunesse à l'hôpital Pierre-Boucher.

Accompagnante à la naissance chez Mère et monde, Karine Bergeron confirme que l'hôpital Pierre-Boucher a « changé de mentalité » depuis quelques années et que les choix des parents sont maintenant respectés.

Cité de la santé: l'hôpital des bébés

La Cité de la santé a Laval effectue le plus d'accouchements annuels dans toute la grande région de Montréal (4810 en 2009-2010). Trente omnipraticiens et douze gynécologues y travaillent. Si 50% des mères qui se présentent a la Cité de la santé viennent de Laval, les autres viennent de Repentigny et de la rive-nord.

Pour faciliter le suivi des femmes durant l'accouchement et permettre aux médecins de voir à distance l'état de la mère et du bébé, la Cité de la santé s'est doté d'un système informatisé (CALM) l'an dernier. Un outil fort apprécié considérant l'important volume de clientèle.

Haut-Richelieu: vent de fraîcheur

Depuis 2006, le taux d'épisiotomie est passé de 34% à 25,4% à l'hôptial du Haut-Richelieu à St-Jean-sur-Richelieu. Et le taux de césarienne a chuté de 24% à 20,7%. Selon la chef de l'unité, Sylvie Gosselin, ces réussites sont en grande partie dues au fait que l'hôpital a recruté de nouveaux médecins. «La pratique change tranquillement», dit-elle.

Lakeshore: encore des bébés!

Contrairement aux autres hôpitaux de la grande région de Montréal, celui du Lakeshore n'a aucune liste d'attente pour les suivis de grossesse. «On avait seulement trois médecins il y a quatre ans. Là on en a huit. On peut encore prendre des bébés pour des suivis de grossesse », note la chef de l'unité des naissances, Louise Lacroix. Les neuf chambres d'accouchement de l'hôpital du Lakeshore suffisent pour répondre à la demande.

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