Partenariat transpacifique: une compensation serait un aveu d'échec, selon Daoust

Les producteurs laitiers ont remporté une victoire, vendredi... (Photo d'archives, Le Quotidien)

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Les producteurs laitiers ont remporté une victoire, vendredi dernier à Hawaï, mais pas la guerre.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Québec ne veut rien savoir d'un chèque d'« assurance sociale corporative » pour ses producteurs de lait dans le cadre du Partenariat transpacifique (PTP), prévient le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust.

« Une compensation, c'est un genre de paiement parce que tu as perdu. C'est une espèce d'assurance sociale corporative, je ne veux pas ça », a-t-il lancé en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, mercredi en fin d'après-midi.

Le ministre fait référence à la compensation financière qui devrait être versée aux producteurs fromagers du Québec dans le cadre de l'Accord économique et commercial global (AECG) intervenu l'an dernier - mais pas encore ratifié - entre le Canada et l'Union européenne.

Le partenariat transpacifique

12
pays concernés, dont le Canada, les États-Unis, l'Australie et le Japon.
800
millions de personnes
40%
de l'économie mondiale

Dans le cas du PTP, « on ne saluera pas l'effort, on va saluer le résultat », a-t-il averti depuis Atlanta, où se tient ce qui pourrait être l'ultime ronde de pourparlers du cette entente qui regroupe 12 pays, dont le Canada, les États-Unis, l'Australie et le Japon.

Le ministre Daoust, qui est accompagné de son collègue à l'Agriculture, Pierre Paradis, dit avoir insisté sur l'importance de maintenir la gestion de l'offre dans son intégralité lors d'une rencontre avec le ministre fédéral du Commerce international, Ed Fast.

Ce dernier, qui négocie au nom du Canada, semble avoir « un lapin dans son chapeau », une « carte » qu'il abattra au moment propice et qui sera à la satisfaction « de l'ensemble des provinces », selon le « feeling » de Jacques Daoust.

Car Ottawa ne peut pas faire la sourde oreille aux demandes du Québec et de l'Ontario, les deux provinces qui seraient les plus touchées par une éventuelle déréglementation dans le secteur agricole.

« Ils ont la même préoccupation, alors on est capables de dire ensemble : "On représente 62% de cette fédération-là, voulez-vous nous écouter s'il vous plaît?"», a insisté M. Daoust à l'autre bout du fil.

Dommageable à l'industrie

Le ministre dit partager les inquiétudes des producteurs laitiers du Québec, qui ont tiré la sonnette d'alarme en fin de semaine après que la CBC eut rapporté qu'Ottawa concéderait 9 à 10% de son marché laitier aux Américains - une information démentie par M. Fast.

Il est «réaliste» de dire que cela serait extrêmement dommageable à l'industrie, convient le ministre Daoust.

En revanche, de façon tout aussi réaliste, le Québec et le Canada ne peuvent se permettre d'être exclus de cette entente qui couvrirait une zone 800 millions de personnes et pas moins de 40% de l'économie mondiale, a-t-il plaidé.

«Cet accord-là, il aura plus de leviers que l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain). Il va supplanter l'ALENA. Imaginons pour un instant qu'on n'est pas dedans», a illustré Jacques Daoust.

«Il faut en faire partie dès le départ. Parce que rentrer après, ça devient compliqué. Mais comprenez-moi bien : nous, on va saluer si on protège la gestion de l'offre de façon intégrale», a-t-il enchaîné.

Du côté d'Atlanta, Ed Fast a signalé mercredi que le gouvernement conservateur était prêt à négocier «jusqu'à ce qu'un accord soit conclu», se disant sûr que cela puisse se réaliser.

Les négociateurs des 12 pays impliqués dans le PTP avaient échoué à en venir à une entente en juillet dernier à Hawaï.

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