Philippe Couillard fait son mea culpa aux anglophones

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En 2013, Philippe Couillard avait rejeté l'idée de Raymond Bachand, alors candidat à la direction du parti, de créer un poste de ministre pour les anglophones.

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Caroline Plante
La Presse Canadienne
Québec

Le premier ministre Philippe Couillard a fait son mea culpa auprès des Québécois d'expression anglaise, jeudi.

Il a dit s'être «trompé» dans son analyse voulant que la nomination d'un ministre responsable des anglophones soit néfaste pour le Québec, au lendemain du remaniement qui a vu Kathleen Weil hériter précisément de ce poste.

M. Couillard affirme depuis la course au leadership du Parti libéral du Québec en 2013 qu'une telle nomination serait susceptible de diviser les Québécois.

En décembre dernier, il refusait toujours de créer un secrétariat pour les anglophones, de crainte de créer «deux classes de citoyens».

«J'en ai discuté avec les groupes communautaires. Je préférerais que mon gouvernement, mon personnel aient un engagement large en ce qui a trait aux enjeux importants pour la communauté d'expression anglaise, plutôt que de donner l'impression de créer deux classes de citoyens. Nous sommes tous des Québécois», avait-il dit aux journalistes à l'époque.

«Je ne vois pas la nécessité de faire cela, avait-il poursuivi. Les Québécois d'expression anglaise sont des citoyens à part entière.»

En janvier 2013, lors d'un débat animé à l'Université Concordia, M. Couillard avait rejeté l'idée de Raymond Bachand, alors candidat à la direction du parti, de créer un poste de ministre pour les anglophones.

Ceux-ci souhaitent depuis longtemps être écoutés et consultés lors de la prise de décisions touchant leur communauté. Ils se disent aussi sous-représentés dans la fonction publique, eux qui représentent environ 10 pour cent de la population québécoise.

Les candidats Couillard et Pierre Moreau s'étaient opposés à l'idée, arguant que les anglophones ne recherchaient pas de traitement de faveur.

«Je ne diviserai jamais les Québécois selon des critères linguistiques», avait déclaré M. Couillard.

«Je me suis trompé»

Visiblement, le premier ministre a changé son fusil d'épaule. Alors qu'il procédait, mercredi, à un important remaniement ministériel à moins d'un an des élections, M. Couillard a nommé Mme Weil ministre responsable des Relations avec les Québécois de langue anglaise.

Il a attribué ce revirement, jeudi, aux rencontres qu'il a faites en régions.

«Je me suis trompé, parce que quand j'ai rencontré les communautés de langue anglaise notamment en régions, j'ai constaté de leur part, outre plus qu'une inquiétude, un éloignement, l'impression qu'ils n'ont pas accès aux services publics comme citoyens québécois, comme ils devraient l'avoir, et pour moi ça m'a interpellé et je crois qu'il fallait corriger ça», a-t-il déclaré.

Mme Weil a désormais un mandat «historique» de diriger un secrétariat plus ou moins large, avec un nombre encore indéterminé d'employés.

Elle sera la voix des anglophones au cabinet et facilitera les rencontres avec les titulaires concernés.

Un employé au bureau du premier ministre, Gregory Kelley, conserve également son rôle d'agent de liaison.

Électoraliste?

Si la nouvelle est accueillie positivement par des membres de la communauté anglophone, dont le Quebec Community Groups Network, on se dit par contre parfaitement conscient du fait qu'elle survient en période préélectorale.

«On voit les démarches que M. Couillard et son équipe prennent pour courtiser notre communauté», a affirmé Jennifer Maccarone, présidente de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec.

«C'est clair que quand on dit qu'il y a des élections qui s'en viennent, c'est sûr, on comprend qu'il y a du monde maintenant qui disent: vous êtes importants parce qu'on veut votre vote.»

Mme Maccarone espère que des enjeux tels que la taxe scolaire, souvent plus élevée en milieu anglophone, seront abordés par les libéraux d'ici la prochaine campagne électorale.

M. Couillard, qui se garde de promettre quoi que ce soit pour l'instant, s'est par ailleurs défendu de faire de «l'électoralisme».

«C'est un peu le pendant des élections à date fixe, a-t-il soutenu. Si on pousse cette logique-là plus loin, il faudrait que le gouvernement arrête de fonctionner deux ans avant l'élection parce qu'il va être accusé d'être électoraliste. Soyons raisonnables.»




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