Ottawa compte acheter 88 chasseurs pour remplacer les CF-18

Le Canada prévoit acheter au moins 88 chasseurs... (Ints Kalnins, REUTERS)

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Le Canada prévoit acheter au moins 88 chasseurs pour remplacer les vieux CF-18. Le coût pourrait s'élever à 19 milliards de dollars.

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(Ottawa) Ce n'est plus 65, mais au moins 88 chasseurs que le Canada compte acheter pour remplacer les vieux CF-18 de l'Aviation royale canadienne, a annoncé le gouvernement Trudeau dans le cadre de sa nouvelle stratégie de la Défense nationale présentée mercredi à Ottawa.

Cette stratégie fédérale, une première depuis 2008, prévoit une augmentation des investissements militaires de 70 % sur 10 ans, passant de 18,9 milliards de dollars en 2016-2017 à 32,7 milliards en 2024-2027.

Ottawa a justifié cette hausse par les changements de la situation internationale, notamment le retrait des États-Unis de son rôle traditionnel de gardien de l'ordre. Les besoins criants des Forces armées canadiennes et les pressions exercées par ses partenaires de l'OTAN sont aussi évoqués.

Le gouvernement s'est ainsi réjoui que la part des investissements militaires passe de 1,19 % à 1,4 % du PIB national d'ici à 2025, se rapprochant ainsi de l'objectif de 2 % établi par l'OTAN.

Ces milliards serviront, entre autres, à acheter 15 navires de combat de surface pour remplacer les destroyers de classe Iroquois et les frégates de classe Halifax, au coût de 56 à 60 milliards $.

Les Forces armées canadiennes comptent aussi embaucher plus de personnel dans les forces de réserve (1500), la force régulière (3500), les forces spéciales (605) et parmi les civils (1150).

Plus de 100 chasseurs

Quant à l'acquisition des 88 chasseurs, il s'agit d'un nouveau développement dans la saga du remplacement des avions CF-18.

Le gouvernement Trudeau avait promis de revenir sur la décision du gouvernement Harper d'acheter des 65 avions F35 et de plutôt lancer un processus concurrentiel pour déterminer quel appareil serait le mieux adapté aux besoins de l'Aviation royale canadienne.

La stratégie ne fournit pas d'échéancier ni de coût précis relatif à cette initiative, mais elle réitère l'intention du gouvernement d'acheter ces appareils par l'entremise d'un « processus concurrentiel ouvert et transparent ».

Un fonctionnaire a précisé que le coût pourrait s'élever à 19 milliards de dollars, sans donner plus de détails.

Ces 88 appareils s'ajouteraient à une vingtaine d'autres que le gouvernement envisage d'acheter pour assurer la transition en raison de l'état vieillissant de la flotte actuelle.

Le gouvernement Trudeau examine  en effet la possibilité d'acheter 18 chasseurs Super Hornet de la compagnie Boeing, mais ce processus a toutefois rencontré certains obstacles récemment, lorsque la compagnie s'est plainte au gouvernement américain de subventions accordées à Bombardier, dans la foulée de la vente d'appareils de la Série C à Delta Airlines. Le gouvernement canadien a menacé de reconsidérer l'acquisition de ces appareils de transition.

Sur 20 ans

La stratégie intitulée « Protection, Sécurité, Engagement » s'étend sur un horizon de 20 ans. Un total de 48,9 milliards $ supplémentaires en nouveaux investissements est prévu, dont 33,8 milliards pour l'acquisition de biens et d'équipement, et 15 milliards en dépenses opérationnelles.

C'est la première fois que le gouvernement fédéral publie une telle stratégie globale pour la Défense depuis 2008, lorsque le gouvernement Harper a annoncé la stratégie « Le Canada d'abord ».  Celle-ci prévoyait une hausse des investissements militaires de 12 milliards de dollars sur 20 ans, mais l'objectif a été abandonné dans la foulée de la crise financière.

Le livre blanc de la défense du gouvernement libéral de Jean Chrétien remonte au milieu des années 1990.

Les autres mesures annoncées mercredi incluent un montant de 1,6 milliard $ pour stimuler l'innovation et la recherche dans le domaine militaire; la volonté d'investir pour prolonger la durée de vie des sous-marins canadiens de classe Victoria jusqu'à 2040; et l'objectif de réduire d'au moins 50 % les délais d'approbation des projets et de rapatrier à la Défense nationale le pouvoir de passer près de 80 % des contrats d'approvisionnement militaire.

Le gouvernement compte aussi augmenter ses capacités dans les domaines émergents et du renseignement en investissant par exemple dans l'achat de drones, dans un projet de surveillance avancée de défense dans l'espace pour remplacer la mission RadarSat et dans les capacités de défense dans le cyberespace.




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