La greffière des Communes quitte son poste

En tant que greffière, Audrey O'Brien a été... (Photo Patrick Woodbury, archives Le Droit)

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En tant que greffière, Audrey O'Brien a été pendant 10 ans la première fonctionnaire de la Chambre des communes, voyant à l'administration d'une machine de près de 2000 employés, de même qu'à la procédure de la Chambre.

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(OTTAWA) Dix ans après être devenue la première femme à occuper l'important poste de greffière de la Chambre des communes, Audrey O'Brien tire sa révérence et jette un regard lucide sur ce qu'elle décrit comme une «érosion systématique du parlementarisme» au cours de la dernière décennie à Ottawa.

En entrevue avec La Presse, la femme originaire de Stoneham, au nord de Québec, ne perd tout de même pas espoir de voir les choses s'améliorer, à la lumière des désirs de changements exprimés par le nouveau gouvernement libéral et les autres partis au terme d'une période d'intenses affrontements et de tension.

«J'ai été vraiment déçue de ce qui s'est passé dans les dernières années. Il me semble qu'il y avait une érosion systématique du parlementarisme», a toutefois tranché la greffière, reconnue pour sa franchise, assise dans son grand bureau qui fait face à la rivière des Outaouais, derrière la Chambre des communes.

Les médias montrés du doigt

Selon Mme O'Brien, plusieurs facteurs pourraient avoir contribué à créer cette «atmosphère malsaine», dont l'élection de gouvernements minoritaires successifs, qui a exacerbé la partisanerie sur la colline; ou le fait que la politique soit devenue plus «professionnelle», orientant le contenu des débats en fonction de messages déterminés par des techniques de marketing.

Les médias ont aussi leur part du blâme, selon elle: «C'est rendu que les députés n'ont pas même le temps de réfléchir. Ils sont censés avoir une réponse immédiate à des questions pour lesquelles, vraiment, il n'y a pas de réponse, ou devant lesquelles on peut seulement dire qu'il faut qu'on réfléchisse...»

En tant que greffière, Audrey O'Brien a été pendant 10 ans la première fonctionnaire de la Chambre des communes, voyant à l'administration d'une machine de près de 2000 employés, de même qu'à la procédure de la Chambre.

Marc Bosc assure l'intérim depuis le début du congé de maladie de sa supérieure, à l'été 2014. La période qui a suivi son départ a été riche en rebondissements: l'attaque du Parlement, les élections, les scandales au Sénat, la guerre de tranchées entre les formations politiques... 

«Une autre génération»

Or, «j'ai vu de mes propres yeux le fait que quand je suis partie d'urgence au mois d'août 2014, il y avait les gens en place dans l'équipe justement pour me remplacer», dit la greffière sortante, qui part à la retraite.

«L'équipe est en place et vraiment, c'est le temps d'une autre génération, ajoute-t-elle. Donc ce n'est pas à cause de la maladie, mais c'est un facteur important de ma réflexion.»

Celle qui a été embauchée au Parlement pour la première fois sous Trudeau père il y a 35 ans part donc maintenant sous le règne de Trudeau fils. «Il y a une certaine qualité zen à tout ça», lance-t-elle en riant.

Et au moment de son départ, elle se dit sereine, même si la Chambre va lui «manquer terriblement». «En rentrant le matin, j'ai toujours un frisson qui me passe dans le dos parce que c'est vraiment de toute beauté et c'est un symbole si important du patrimoine canadien, qu'on ne se fatigue jamais et on ne tient jamais ça pour acquis.»

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