Travailleurs étrangers: Harper ne veut pas d'une «classe marginale»

Le président philippin Benigno Aquino et le premier ministre... (PHOTO FRED CHARTRAND, PC)

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Le président philippin Benigno Aquino et le premier ministre canadien Stephen Harper se serrent la main lors d'une conférence de presse à Ottawa, vendredi.

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne

Stephen Harper ne veut pas que le programme de travailleurs étrangers temporaires serve finalement à créer une «classe marginale permanente» de gens, sans droits de citoyenneté ou de mobilité.

Rencontrant la presse à Ottawa vendredi à l'issue d'un entretien avec le président des Philippines, Benigno Aquino, M. Harper a été interrogé par un journaliste philippin sur ce programme très populaire notamment auprès des immigrants de ce pays. M. Harper a d'ailleurs exprimé le souhait que cette immigration philippine au Canada continue à croître.

Le pays compterait environ 700 000 Canadiens d'origine philippine. Les Philippins, comme plusieurs autres diasporas au Canada, sont cependant touchés par les modifications apportées récemment par les conservateurs au programme fédéral de travailleurs étrangers temporaires. Le gouvernement Harper a statué que les travailleurs étrangers temporaires qui occupent des emplois peu spécialisés devaient décider, avant le 1er avril dernier, de devenir résidents permanents ou de quitter le pays.

«D'abord, nous nous assurons, bien sûr, que les immigrants n'occupent pas des emplois qui pourraient être occupés par des Canadiens», a répondu M. Harper au journaliste. «Mais aussi longtemps que je serai premier ministre, ce pays ne mettra pas en place une politique qui créerait une classe marginale permanente, sans droits de citoyenneté ou de mobilité», a-t-il ajouté.

Son gouvernement, a dit M. Harper, est un gouvernement «pro-immigration» et souhaite que les étrangers qui viennent au Canada pour y travailler deviennent un jour des citoyens à part entière.

De son côté, le président Aquino ne semblait pas préoccupé par les récentes modifications apportées au programme canadien. «On m'a surtout parlé aujourd'hui de la distinction entre travailleurs spécialisés et peu spécialisés», a-t-il dit. «Et comme la majorité de nos compatriotes qui se trouvent ici sont des travailleurs spécialisés, alors la disposition que vous évoquez ne semble pas s'appliquer.»

Peter Sutherland, ex-ambassadeur canadien aux Philippines, soutient pourtant qu'un certaine nombre de Philippins au Canada sont considérés comme non spécialisés, et seront donc touchés directement par les nouvelles mesures fédérales.

Le premier ministre Harper souhaite par ailleurs une croissance des relations commerciales entre les deux pays, qui se chiffrent actuellement à 2 milliards de dollars par année. Le Canada aimerait bien, par ailleurs, faire son entrée au sein de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), un regroupement de 10 pays créé notamment à l'initiative des Philippines.

Les deux pays ont par ailleurs annoncé vendredi qu'ils amorceraient des discussions préliminaires en vue de conclure un éventuel accord commercial bilatéral. M. Harper a aussi annoncé que le ministre du Commerce international, Ed Fast, dirigerait une délégation commerciale aux Philippines plus tard ce mois-ci, après une mission semblable menée l'an dernier au Laos et en Birmanie - deux autres pays membres de l'ASEAN.

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