Congédiement abusif: un député du NPD poursuivi par une ex-employée

La plaignante, Fabiola Ferro, réclame à Sylvain Chicoine... (Photo fournie par le NPD)

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La plaignante, Fabiola Ferro, réclame à Sylvain Chicoine (photo) près de 200 000$  en dommages-intérêts, une somme qui pourrait augmenter avec l'ajout de certains frais.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Une ex-adjointe parlementaire accuse un député néo-démocrate du Québec de congédiement abusif, d'atteinte à la dignité et de souffrance morale et laisse entendre que le parti a tenté d'étouffer l'affaire.

Une poursuite a été déposée vendredi contre Sylvain Chicoine par Fabiola Ferro, qui accuse entre autres l'élu d'avoir «refusé de prendre des démarches pour mettre fin au harcèlement» que lui faisait vivre un collègue de travail.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) est aussi pointé du doigt dans la poursuite: selon la plaignante, on lui a demandé de retirer une plainte pour harcèlement qu'elle avait déposée en échange d'une réaffectation au bureau du chef de l'opposition.

Mme Ferro soutient dans la poursuite que la directrice des communications du parti lui a offert un nouveau poste - une proposition stipulant qu'elle «doit retirer sa plainte de harcèlement et signer une quittance en renonçant à son droit de poursuivre Chicoine et le NPD».

L'attaché de presse principal de la formation politique, Marc-André Viau, n'a pas réagi directement à ces allégations, se contentant de préciser que «le syndicat et l'employeur ont cherché une solution à ce conflit de travail» et que «malheureusement l'employée en question a décliné l'offre».

Mais la poursuite déposée vendredi en Cour supérieure de l'Ontario est d'abord et avant tout centrée sur les agissements du député néo-démocrate et sur son inaction alléguée face à la situation de harcèlement que la femme âgée de 34 ans dit avoir vécue au bureau.

Fabiola Ferro accuse M. Chicoine de «lui avoir fait des réprimandes» lorsqu'elle a tenté de lui parler du harcèlement que lui faisait subir un collègue de bureau.

Ce dernier «la menace, brime son droit de parole, critique de manière injuste son travail, insulte ses compétences professionnelles» et la traite ainsi «parce qu'elle est une femme», peut-on lire dans la poursuite.

De son côté, toujours selon le document, le député Chicoine aurait démontré une attitude sexiste et misogyne envers Mme Ferro en favorisant l'autre employé «parce que ce dernier est un homme.»

L'élu aurait en outre «tenté de congédier» Mme Ferro «afin de la punir pour avoir déposé une plainte de harcèlement.

Le harcèlement allégué de l'autre employé aurait débuté en septembre 2011, soit quelques mois après l'entrée en fonction de la plaignante.

Celle-ci doit avoir discuté «à maintes reprises» de la situation avec le député du NPD, mais comme les choses n'évoluaient pas à sa satisfaction, elle a fini par s'adresser à son syndicat le 2 avril 2013 afin de porter plainte pour harcèlement.

L'autre employé a répliqué avec sa propre plainte quelques jours après, soit le 9 avril 2013, soutenant que c'était Mme Ferro qui le harcelait en l'accusant à tort de harcèlement.

Ce jour-là, le député Chicoine a convoqué Mme Ferro et l'a congédié avec sa plainte de harcèlement dans la main. Et le député, ajoute-t-on dans le document, n'a pris aucune action similaire à l'égard de l'autre employé.

Un porte-parole du député et un délégué syndical ont cependant déterminé qu'il s'agissait d'une erreur et ont plutôt imposé un congé avec traitement à Mme Ferro.

Elle a finalement été congédiée il y a deux semaines, soit 21 octobre 2014, après une série de démarches infructueuses auprès de potentiels employeurs extérieurs ainsi qu'à l'interne, au NPD.

«Accusations croisées»

Même s'il fait l'objet d'une poursuite, Sylvain Chicoine continuera d'exercer ses fonctions de député, a indiqué vendredi le chef du NPD, Thomas Mulcair.

«Il ne s'agit pas d'une plainte contre le député pour harcèlement; ça, il faut être très clair là-dessus», a-t-il insisté en point de presse en marge d'un événement en Saskatchewan.

«Il s'agit d'accusations croisées entre deux employés qui s'accusent mutuellement de harcèlement, et ça a été traité au terme de la convention collective», a poursuivi M. Mulcair.

Dans une déclaration écrite, M. Chicoine a souligné que les allégations de Mme Ferro ont fait l'objet d'une enquête «en bonne et due forme», laquelle a déterminé que ces allégations n'étaient pas fondées.

«Je suis convaincu que la Cour en viendra à la même conclusion et rejettera cette requête», a-t-il conclu.

Fabiola Ferro réclame près de 200 000 $ en dommages-intérêts, une somme qui pourrait augmenter avec l'ajout de certains frais.

Sylvain Chicoine représente la circonscription de Châteauguay-Saint-Constant depuis 2011.

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