Enquête sur les femmes autochtones: des familles expriment leur déception

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La commissaire Michèle Audette a affirmé à la rencontre de l'APN qu'il y avait eu un manque de communication dans les débuts du processus, en partie parce que les commissaires s'étaient fait dire de ne pas parler.

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La Presse Canadienne
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Des familles de femmes et de filles autochtones disparues et assassinées affirment que l'Enquête nationale a déjà échoué et appellent ni plus ni moins à reprendre le processus à zéro.

Plusieurs membres de ces familles ont livré des messages empreints d'émotion, mercredi, au moment où deux des commissaires se présentaient à la rencontre annuelle de l'Assemblée des Premières Nations (APN) pour expliquer le processus d'enquête, notamment sur la façon de s'enregistrer et de faire un témoignage.

Gerri Pangman, dont la soeur et la tante ont été tuées dans des événements distincts à des dizaines d'années d'intervalle, a soutenu que la commission fédérale était un échec, car elle ne fait pas rendre de comptes à la police.

«Pour cette enquête nationale, dans les termes de référence, le fait d'écarter la police, c'est un échec et un déshonneur pour ma soeur», a dit Gerri Pangman à la rencontre.

Les restes de sa soeur, Jennifer McPherson, ont été retrouvés dispersés sur une île isolée au large des côtes de l'île de Vancouver, et son mari a été condamné de meurtre en 2014.

Traigo Andretti a subséquemment plaidé coupable de meurtre non prémédité pour la mort d'une femme du Manitoba, Myrna Letandre, disparue en 2006. Les restes démembrés de Myrna Letandre ont été retrouvés en 2013 dans une maison de Winnipeg.

«Il a fallu la mort de ma soeur pour que la famille de Myrna obtienne justice, alors que cela aurait pu être fait en 2006 et ma soeur serait ici», a lancé Gerri Pangman.

«Et vous pouvez simplement dire que l'enquête sera un succès? Non, elle n'a pas fait ce qu'il fallait pour ma soeur.»

Une autre femme, Hilda Anderson-Pyrz, a dit croire que l'Enquête nationale avait échoué, car les familles n'ont pas confiance dans le processus et ne se sentent pas en sécurité.

«Je m'excuse, mais en étant ici, j'ai vraiment de la difficulté à vous entendre parler du processus comme si tout était bien. Cela ne va pas bien», a-t-elle affirmé.

Christine Simard-Chicago, qui a perdu une cousine en 2011, a plutôt dit croire que les mains des commissaires étaient liées par les règles du gouvernement et que cela devait changer.

Elle a soutenu qu'il pouvait être normal que des erreurs soient commises dans une enquête de cette ampleur.

«Mais si nous travaillons ensemble en tant que familles pour trouver des solutions et les aider à progresser dans leur travail, peut-être que nous pouvons arriver à certaines recommandations bonnes et concrètes», a dit Christine Simard-Chicago.

La commission, dont les travaux doivent se dérouler sur deux ans et coûter 53,8 millions, vise à examiner les causes profondes de la violence contre les femmes et les filles autochtones.

La commissaire Michèle Audette a affirmé à la rencontre de l'APN qu'il y avait eu un manque de communication dans les débuts du processus, en partie parce que les commissaires s'étaient fait dire de ne pas parler. Elle a dit croire que d'avoir maintenu le silence était une erreur.

L'Enquête nationale a déjà indiqué qu'elle allait de l'avant avec ses travaux, notamment avec neuf audiences cet automne s'amorçant en septembre à Thunder Bay, en Ontario.




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