Des excuses et 10 millions pour Omar Khadr

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Après avoir croupi dans la prison militaire de Guantánamo durant une décennie, suivie de trois ans d'emprisonnement au Canada, Omar Khadr a retrouvé sa liberté il y a bientôt deux ans.

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Le gouvernement Trudeau offrira des excuses et une compensation d'au moins 10 millions de dollars à l'enfant-soldat Omar Khadr pour les abus dont il a souffert lorsqu'il était emprisonné pour terrorisme à la prison militaire américaine de Guantánamo, ont appris le Globe and Mail et le Toronto Star.

La Cour suprême du Canada a reconnu en 2010 que les agents du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) avaient violé les droits d'Omar Khadr lorsqu'ils l'ont interrogé à la base de Guantánamo, alors que l'adolescent croyait qu'ils étaient venus pour l'aider. Selon la Cour, le gouvernement du Canada a violé la Charte canadienne des droits et libertés et a privé des principes fondamentaux de la justice un individu qui n'était à l'époque qu'un enfant.

Ainsi, Ottawa présentera finalement des excuses officielles à M. Khadr cette semaine et lui offrira une compensation de 10 millions, a rapporté le Globe and Mail, qui a obtenu l'information auprès d'une source au sein du gouvernement. Selon le Toronto Star, M. Khadr recevra plus de 10 millions.

Médiation 

Après avoir croupi dans la prison militaire de Guantánamo durant une décennie, suivie de trois ans d'emprisonnement au Canada, Omar Khadr a retrouvé sa liberté il y a bientôt deux ans. Dans une poursuite civile intentée contre le gouvernement fédéral, il réclamait 20 millions en dommages et intérêts.

« Mais ce que nous cherchons surtout, ce sont des excuses de la part du gouvernement, qui a abandonné un enfant dans un trou infernal, dénoncé par la communauté internationale, qui n'a rien fait pour l'aider, et qui continue à ne rien faire », avait confié à La Presse son avocat Dennis Edney, à la fin du mois d'avril. La prochaine séance de médiation était prévue pour la fin de juin, et tout porte à croire qu'elle a été concluante.

Par le passé, Me Edney a gagné trois causes devant la Cour suprême. Il défend M. Khadr depuis 14 ans, et c'est lui qui a réussi à négocier son rapatriement au Canada. L'avocat avait épuisé ses propres économies à défendre l'enfant-soldat, et c'est lui qui l'a accueilli à sa sortie de prison.

Un long cauchemar

Aujourd'hui âgé de 30 ans, Omar Khadr n'en avait que 15 lorsqu'il a été capturé lors d'une frappe américaine en Afghanistan, en 2002. Il a été grièvement blessé à une épaule par un shrapnel et a perdu partiellement la vue. Il a été envoyé à la prison de Guantánamo, où il a subi de la torture et des traitements dégradants, en dépit du droit international réservé aux enfants-soldats. Le plus jeune détenu à avoir séjourné à Guantánamo a fini par plaider coupable à des accusations de crime de guerre et de soutien au terrorisme, dans le cadre d'une entente à l'amiable qui lui aura permis de revenir au Canada.

D'autres cas

La compensation qui sera offerte à Omar Khadr est semblable à celle qui a été donnée à Maher Arar, l'un des Canadiens livrés après le 11 septembre 2001 à la Syrie, où il a été emprisonné et torturé. Blanchi sur toute la ligne, il a reçu 10,5 millions en 2006. En mars dernier, Abdullah Almalki, Ahmad Elmaati et Muayyed Nureddin, qui avaient été emprisonnés en Syrie et en Égypte, se sont aussi vu offrir excuses et compensation financière de la part d'Ottawa.

- Avec Agnès Gruda, La Presse




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