Recensement 2016: le 450 se remplit, la Gaspésie se vide

Malgré l'attrait indéniable des banlieues, reste que la... (Alain Roberge, archives La Presse)

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Malgré l'attrait indéniable des banlieues, reste que la Ville de Montréal a mieux fait ces cinq dernières années.

Alain Roberge, archives La Presse

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L'étalement urbain continue à se faire sentir dans la grande région de Montréal, deux fois plus de personnes s'étant établies dans le « 450 » que dans l'île au cours des cinq dernières années. Les plus récentes données du recensement publiées hier permettent également de constater que plusieurs régions du Québec se vident. Portrait.

LA CROISSANCE PASSE PAR LE « 450 »

Le Grand Montréal a franchi pour la première fois le cap des 4 millions d'habitants grâce à l'arrivée de 165 000 personnes. Du nombre, environ 55 000 se sont établies dans l'île de Montréal, tandis que tout près de 110 000 d'entre elles ont plutôt opté pour la périphérie. La plus forte hausse de population dans la région a été observée à Saint-Colomban, à l'ouest de Saint-Jérôme. La municipalité a vu près de 3000 nouveaux citoyens s'ajouter depuis cinq ans, soit une hausse de 22,5 %. À Mirabel, Statistique Canada a dénombré la présence de 8550 nouveaux citoyens, une hausse de 20,4 %. Le fait que la croissance s'accélère aussi loin de Montréal inquiète Christian Savard, de l'organisme Vivre en ville. « Ça vient congestionner l'A640, ça nous oblige à construire l'A19, le pont de l'A25, il faut construire de nouvelles écoles. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles », dit-il.

MEILLEURE PERFORMANCE

Malgré l'attrait indéniable des banlieues, reste que la Ville de Montréal a mieux fait ces cinq dernières années. Celle-ci a attiré 55 000 résidants de 2011 à 2016, une hausse de 3,3 %. C'est nettement plus que la hausse de 1,8 % affichée lors du précédent recensement. Les données permettent de constater que l'afflux de nouveaux Montréalais s'est principalement fait sentir dans certains arrondissements, comme le Sud-Ouest (9,2 %), Lachine (6,9 %) et Ville-Marie (6,1 %). D'autres ont connu des augmentations beaucoup plus modestes, comme Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles (0,3 %) ainsi que Montréal-Nord (0,4 %). « C'est moins dramatique que lors du dernier recensement, mais ça reste préoccupant. Montréal n'arrive pas à suivre la croissance démographique canadienne [de 5 %] », se désole Valérie Plante, de Projet Montréal. La chef de l'opposition exhorte l'administration Coderre à investir davantage en habitation pour encourager les familles à demeurer dans l'île plutôt que de partir pour la couronne.

STAGNATION DANS L'OUEST-DE-L'ÎLE

Si la Ville de Montréal a amélioré son bilan, il en va tout autrement pour les 15 autres municipalités de l'île, qui ont globalement vu leur population stagner (+ 0,2 %). Plusieurs villes liées à Montréal ont même connu une décroissance depuis cinq ans. La plus forte chute a été observée à Kirkland (- 5,2 %), où Statistique Canada a recensé 1102 personnes de moins en 2016 qu'en 2011. Dollard-des-Ormeaux a aussi encaissé une forte diminution, ayant perdu 738 citoyens. Ces chiffres n'étonnent pas le maire de Beaconsfield, Georges Bourelle. « Les villes liées ont atteint une certaine maturité, il n'y a plus beaucoup de développement immobilier », constate celui qui dirige l'Association des villes liées. Devant cette nouvelle réalité, l'élu se dit préoccupé pour les finances des municipalités qui devront taxer une population en déclin pour financer des services dont la facture ne cesse d'augmenter. Georges Bourelle estime également que la contribution de 411 millions exigée des 15 villes liées à Montréal pour faire partie de l'Agglomération contribue au phénomène de l'étalement. « Ça fait que les taxes sont plus élevées et c'est certainement un des facteurs qui fait que les jeunes familles vont regarder à l'extérieur de l'île. »

PLUSIEURS RÉGIONS SE VIDENT

Le recensement permet par ailleurs de constater que plusieurs régions éloignées des grandes villes du Québec continuent de voir leur population diminuer. La Gaspésie est la plus durement touchée, celle-ci ayant perdu près de 4000 habitants depuis 2011, soit une baisse de 4 %. La Côte-Nord aussi connaît une décroissance (- 2,4 %), tout comme le Bas-Saint-Laurent (- 1,3 %) et le Lac-Saint-Jean (- 0,8 %). Cette décroissance s'inscrit dans un mouvement d'urbanisation vécu à la grandeur du Canada, note Johanne Denis, directrice générale de l'analyse des données du recensement. Celle-ci souligne que huit Québécois sur dix habitent près d'un grand centre.

LA PART DU QUÉBEC DIMINUE

La population du Québec atteint 8,2 millions d'habitants, une augmentation de 3,3 % depuis 2011. Cette croissance est à nouveau inférieure à la moyenne canadienne de 5 %. Les Québécois représentent ainsi 23,2 % des 35 millions de Canadiens, une proportion en constante diminution depuis de nombreuses années.

L'OUEST PREND DU POIDS...

À l'échelle du Canada, la population a franchi pour la première fois le cap des 35 millions, une augmentation de 5 %. Les provinces de l'Ouest ont continué à afficher les plus fortes croissances. L'Alberta mène le bal, sa population ayant connu une hausse de 11,6 % pour s'établir à 4,1 millions de personnes. C'est d'ailleurs la région de Calgary qui a connu la plus importante poussée démographique parmi les grands centres urbains. Sa population a bondi de 14,6 % depuis cinq ans. Frôlant désormais les 1,4 million d'habitants, la région de Calgary a du coup déclassé celle d'Ottawa-Gatineau au quatrième rang des villes les plus populeuses du pays. La capitale canadienne pourrait d'ailleurs bien rapidement perdre un autre rang, Edmonton la talonnant. Fait non négligeable, pour la première fois depuis 80 ans, la croissance du Manitoba a été supérieure à la moyenne nationale.

... MAIS L'ATLANTIQUE PERD DES PLUMES

Pendant que l'Ouest prend du poids, les provinces atlantiques en perdent. La population des quatre provinces de l'est du pays a crû d'à peine 0,2 %. Le Nouveau-Brunswick a même connu une baisse de 0,5 %, seule province à avoir encaissé une décroissance. Les provinces atlantiques doivent cette situation au départ marqué de leurs citoyens vers d'autres provinces et à un très faible taux de natalité. Certaines années, Terre-Neuve-et-Labrador a même vu son taux de mortalité dépasser celui des naissances, rapporte Johanne Denis, de Statistique Canada.




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