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Parrainage des réfugiés au Québec: une suspension douloureuse, mais nécessaire?

Comme l'a annoncé la ministre de l'Immigration du... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

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Comme l'a annoncé la ministre de l'Immigration du Québec lundi, aucune demande de parrainage privé de réfugiés ne sera acceptée après le 26 janvier, et ce, au moins jusqu'à la fin de l'année 2017.

Photo André Pichette, Archives La Presse

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Sophie Allard
La Presse

La suspension du programme de parrainage privé des réfugiés, annoncée lundi par la ministre de l'Immigration du Québec, a eu l'effet d'une petite bombe au sein d'organismes de soutien aux réfugiés. Après le 26 janvier, aucune demande de parrainage ne sera acceptée, et ce, au moins jusqu'à la fin de l'année 2017.

« Ç'a un impact certain sur les familles qu'on accompagne. [...] Elles se sentent impuissantes, indique Veronica Islas, coordonnatrice de l'organisme Carrefour des ressources en interculturel (CRIC), à Montréal. Plusieurs avaient commencé à monter un dossier pour faire sortir des parents de territoires en guerre, et tout s'arrête subitement. »

En début de semaine, la ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil, a annoncé que le programme de parrainage privé de réfugiés sera temporairement suspendu dès le 27 janvier 2017, avec comme objectif de diminuer l'inventaire de 10 000 demandes déjà en cours de traitement. Cette mesure fait suite à l'annonce du gouvernement fédéral, en décembre, de limiter le nombre de demandes de parrainage collectif.

L'organisme Action Réfugiés Montréal (ARM), qui gère un programme de parrainage depuis plus de 20 ans, regrette cette suspension. « Cette mesure vient limiter la générosité des Québécois, qui étaient beaucoup plus intéressés à parrainer des réfugiés depuis un an et demi, dit Paul Clarke, directeur général d'ARM. Seront-ils au rendez-vous dans un an ? »

L'organisme, qui a déposé 82 dossiers de parrainage en 2016, compte une liste d'attente de 900 parrains potentiels qui se retrouvent... le bec à l'eau.

La préparation d'un dossier d'immigration est complexe et peut s'échelonner sur une période de trois à six mois, souligne-t-il. « Ça prend beaucoup de diligence : il faut s'assurer de détailler les motifs d'immigration, les dates doivent concorder, les noms doivent être correctement épelés. Si on fait trop vite, qu'on omet des documents, ça augmente les risques de report, voire de refus. »

UN RECUL SALUTAIRE

Au Centre lavallois pour l'intégration et la cohésion sociale (CLICS), on parle de cette suspension comme d'une « sage décision ». L'organisme, spécialisé dans l'accompagnement de réfugiés parrainés par le privé, a été submergé de demandes au début de l'année 2016.

« Si cette suspension permet d'apprendre du processus passé et d'améliorer les façons de faire, nous croyons qu'elle est salutaire », dit Léro Tchassao, directeur général du CLICS, qui estime qu'une nouvelle arrivée massive de réfugiés serait ingérable.

« Si on doit fermer le programme et le réformer pour en assurer la pérennité, ça va », souligne Paul Clarke, d'ARM.

« Le gouvernement avait plein de bonnes intentions, mais il n'était pas préparé à recevoir autant de personnes aussi rapidement, avance Veronica Islas, du CRIC. Ils ont été dépassés, il fallait agir. Mais le gel du programme à 100 %, c'est une mesure très dure. »




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