HRW dénonce une «crise de l'eau» dans les réserves autochtones du Canada

Des enfants s'amusent dans des fossés remplis d'eau... (Photo Nathan Denette, archives PC)

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Des enfants s'amusent dans des fossés remplis d'eau à Attawapiskat, en Ontario.

Photo Nathan Denette, archives PC

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Agence France-Presse
Ottawa

Des milliers d'Amérindiens sont privés d'eau potable au Canada, parfois depuis des décennies, en raison d'usines de traitement défectueuses ou de sources contaminées, a dénoncé mardi Human Rights Watch.

Face à cette « crise de l'eau », le gouvernement canadien doit prendre ses responsabilités, a demandé l'Organisation non gouvernementale dans un rapport.

Ces problèmes chroniques d'eau potable affectent des dizaines de réserves à travers le Canada, aggravant les conditions d'hygiène et de santé des populations.

Dans 89 des 600 réserves autochtones, les habitants ne peuvent pas consommer l'eau du robinet et doivent impérativement la faire bouillir. Des avertissements sont en vigueur depuis près de 20 ans dans certaines collectivités, la plupart situées dans la province de l'Ontario (est).

L'ONG pointe le paradoxe d'une crise qui frappe les réserves autochtones dans un pays aux immenses réserves d'eau douce.

Parmi les causes à l'origine de cette crise, HRW mentionne l'absence de normes réglementaires sur la qualité de l'eau dans les réserves, qui relève de la responsabilité de l'État fédéral.

« La crise de l'eau résulte d'années de discrimination », écrit Amanda Klasing, auteure du rapport, en appelant le gouvernement à s'attaquer aussi bien à ses symptômes qu'à ses causes plus profondes.

HRW attire l'attention sur la responsabilité du gouvernement fédéral canadien qui finance et supervise la construction des usines de traitement des eaux, et qui a parfois fait construire des infrastructures qui ne répondent même pas aux normes minimales de qualité pourtant en vigueur pour le reste de la population.

L'organisation déplore aussi un financement gouvernemental sporadique et insuffisant, des infrastructures défectueuses ou médiocres et des sources d'eau dégradées ou contaminées par des bactéries (E.coli...), voire de l'uranium.

Pour ce rapport d'une centaine de pages, l'ONG a visité cinq réserves en Ontario, sondé une centaine de ménages autochtones et compilé des données gouvernementales concernant 191 systèmes de traitement d'eau dans 137 communautés.

Parmi les problèmes de santé associés au manque d'eau potable, des ménages mentionnent, selon HRW, des infections de la peau comme de l'eczéma ou du psoriasis. Des parents limitent la durée du bain ou de la douche de leurs enfants par crainte d'une contamination.

HRW salue l'engagement du premier ministre Justin Trudeau de régler les problèmes d'eau sur les réserves d'ici cinq ans, tout en rappelant les nombreuses promesses passées des gouvernements qui n'ont pas été tenues.

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