Le Canada doit annuler ses directives en matière de torture, dit une ex-victime

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Abdullah Almalki

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
Ottawa

Un Canadien ayant été torturé en Syrie a exhorté, mardi, le gouvernement fédéral à annuler des directives controversées permettant le partage de renseignements pouvant mener à la torture d'individus.

Abdullah Almalki, un Canadien d'origine syrienne ayant été incarcéré et torturé dans une prison en Syrie pendant près de deux ans, a affirmé qu'il était temps pour les libéraux de laisser tomber la politique adoptée par leurs prédécesseurs conservateurs.

Il a déclaré que l'actuel gouvernement devait mettre un terme à «l'ancienne complicité» du Canada avec la torture.

Les libéraux ont indiqué qu'ils passaient présentement en revue ces directives dans le cadre d'une évaluation générale des politiques gouvernementales en matière de sécurité.

M. Almalki et d'autres militants pour les droits de la personne ont soutenu que l'annulation des directives était la prochaine étape logique pour le gouvernement après que ce dernier eut annoncé, lundi, qu'il se préparait à ajouter son nom à un important traité contre la torture plus d'une décennie après son adoption par les Nations unies.

Abdullah Almalki et les militants ont salué cette nouvelle inattendue révélée par le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.

«Plusieurs des prisonniers que j'ai interviewés ont été réduits à affirmer des choses qui ne s'étaient pas nécessairement passées ou se sont fait dire ce qu'ils devaient confesser pour éviter d'être torturés», a raconté Mohamed Fahmy, le journaliste canadien récemment emprisonné en Égypte.

Alex Neve, le secrétaire général d'Amnistie internationale Canada, a indiqué que son organisme militait depuis des années en faveur de l'annulation des directives sur la torture.

«Annuler cette très troublante orientation du ministère et amener notre service de renseignements à adopter des pratiques conformes à nos obligations internationales, ce serait certainement dans l'esprit de ce que nous avons entendu hier», a-t-il fait valoir.

MM. Fahmy et Neve ont prévenu M. Dion de ne pas traîner et de faire en sorte que le Canada respecte pleinement le traité de l'ONU contre la torture d'ici un an.

Le gouvernement fédéral doit maintenant consulter les provinces concernant la manière légale pour le Canada de se joindre officiellement au traité.

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