Cohabitation vélos-autos: plaidoyer pour une zone tampon

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Le service de police de Chattanooga, au Tennessee, vient de se doter d'un nouvel appareil permettant de mesurer la distance de passage entre les vélos et les véhicules à moteur.

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Vélo Québec réclame un resserrement du Code de la sécurité routière afin d'imposer une zone tampon d'un mètre entre les cyclistes et les automobilistes. Aux États-Unis, où la moitié des États imposent une telle distance, un nouvel appareil permet d'ailleurs de mettre à l'amende les conducteurs qui roulent trop près des vélos.

L'accident dans lequel la journaliste Isabelle Richer a été gravement blessée la fin de semaine dernière a relancé le débat sur la cohabitation entre les automobiles et les vélos sur les routes du Québec. Cycliste expérimentée, la reporter de Radio-Canada a été percutée samedi par un camion arrivant en sens inverse qui était à faire un dépassement sur un rang de Rougemont.

Un resserrement du Code de la sécurité routière permettrait de réduire la dangerosité de telles manoeuvres en précisant noir sur blanc quelle distance minimale respecter pour éviter de heurter un cycliste, estime Vélo Québec. L'organisation propose ainsi de fixer une distance minimale de 1 m avec les cyclistes afin de tenter un dépassement en ville et de 1,5 m en secteur rural.

À l'heure actuelle, l'article 341 du Code stipule simplement que «le conducteur d'un véhicule routier ne peut dépasser une bicyclette à l'intérieur de la même voie de circulation que s'il y a un espace suffisant pour permettre le dépassement sans danger».

«Mais c'est quoi un "espace suffisant"? Pour un automobiliste, ça peut être 6 po et pour un autre 6 pi. Mettre une distance minimale à respecter préciserait le flou actuel. Ça permettrait de dire que 1,5 m, c'est une bonne distance pour pouvoir tenter un dépassement», expose Suzanne Lareau, de Vélo Québec.

L'article 341 est d'ailleurs rarement appliqué, reconnaît-on au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). En 2014, seulement six contraventions ont été distribuées à des automobilistes pour avoir frôlé un cycliste.

La Société d'assurance automobile du Québec et le ministère des Transports disent étudier la question de cette distance de sécurité, cette zone tampon ayant été évoquée lors des travaux du groupe de discussion sur la sécurité des cyclistes. Cette mesure pourrait ainsi être incluse dans le projet de loi prévu à l'automne sur la modernisation du Code de la sécurité routière.

Nouvel appareil

Au sud de la frontière, la moitié des États américains imposent une distance de 3 pi (90 cm) à respecter lors du dépassement d'un vélo. Pour s'assurer que cette règle est respectée, une première ville vient d'ailleurs de se doter d'un nouvel appareil permettant aux policiers à vélo de mesurer la distance de passage des véhicules.

«Cette technologie va permettre de mieux sensibiliser les automobilistes aux dangers de frôler les cyclistes. On n'a pas beaucoup de voies protégées ici et les voies rurales sont très étroites», explique Philip Pugliese, de Friends of Outdoor Chattanooga. Cet organisme encourageant la pratique sportive dans cette ville du Tennessee a entièrement financé ce projet-pilote afin d'améliorer la cohabitation entre les voitures et les vélos.

Le fonctionnement de l'appareil est relativement simple. Un émetteur à ultrasons calcule la distance des véhicules dépassant un policier à vélo. Lorsqu'un conducteur frôle le cycliste, une alarme sonne. Une caméra enregistre les données affichées par l'appareil ainsi que la voiture ayant commis l'infraction. Les données sont automatiquement envoyées à une tablette pour que le policier puisse montrer l'incident au conducteur et lui expliquer en quoi sa conduite était dangereuse.

Le SPVM dit avoir pris note de l'arrivée de cet appareil sur le marché, mais plusieurs doutes subsistent, notamment sur l'aspect de la sécurité. «Les policiers qui utilisent ça sont vulnérables. Est-ce qu'on doit mettre nos policiers à risque comme ça?», s'interroge André Durocher, inspecteur à la sécurité routière. Celui-ci souligne que les agents faisant des opérations radars sont tenus de respecter certaines règles de sécurité, comme de porter un dossard voyant.

Autre écueil, dit André Durocher, «dans les voitures, il y a un odomètre qui permet de mesurer sa vitesse. Mais il n'y a pas d'appareil qui permet de mesurer la distance avec les vélos».

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