Femmes autochtones disparues: les propos de Kellie Leitch dénoncés

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La ministre Kellie Leitch avait suggéré que les disparitions et les meurtres de quelque 1200 femmes autochtones du Canada étaient probablement imputables aux hommes autochtones et découlaient vraisemblablement de cas de violence conjugale.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Blâmer les hommes autochtones pour les disparitions et les meurtres de quelque 1200 femmes autochtones est «inacceptable» et perpétue des «stéréotypes racistes», dénonce le Nouveau Parti démocratique (NPD).

La porte-parole néo-démocrate en matière d'affaires autochtones, Niki Ashton, s'est offusquée des propos tenus par la ministre fédérale de la Condition féminine à la veille d'une importante rencontre sur le sujet.

En entrevue avec le Globe and Mail, jeudi, la ministre Kellie Leitch a suggéré que les disparitions et les meurtres de quelque 1200 femmes autochtones du Canada étaient probablement imputables aux hommes autochtones et découlaient vraisemblablement de cas de violence conjugale.

Mme Ashton a fustigé vendredi les allégations de la ministre Leitch, qui contribuent selon elle à alimenter des préjugés dont les membres des Premières nations font déjà les frais.

«Ça perpétue des stéréotypes racistes» sur les hommes autochtones, qui «vivent une réalité affectée fortement par une histoire colonialiste et par le racisme systémique», a-t-elle dénoncé en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

Ce racisme systémique, «on le voit dans plusieurs indicateurs, incluant le taux d'hommes autochtones qui sont incarcérés», a illustré Mme Ashton à l'autre bout du fil.

Et cela ne tient pas compte du fait que plusieurs de ces tragédies se sont jouées dans des centres urbains loin des nids familiaux, et que certaines de ces femmes se sont retrouvées entre les griffes du tueur en série Robert Pickton, a-t-elle tenu à préciser.

«Écouter une ministre de la Couronne attiser un stéréotype comme ça est inacceptable, et c'est encore une fois une façon, pour le gouvernement, de se déresponsabiliser», a laissé tomber l'élue néo-démocrate.

Le gouvernement Harper a de nouveau rejeté, vendredi en Chambre, les appels des deux partis d'opposition à l'ouverture d'une enquête publique.

«Nous n'avons pas besoin d'une enquête nationale», a réitéré Susan Truppe, la secrétaire parlementaire de la ministre Leitch.

«Nous avons besoin de policiers qui mettent le grappin sur les responsables et s'assurer qu'ils sont punis», a-t-elle ajouté.

Pendant que les parlementaires échangeaient aux Communes, des ministres provinciaux et territoriaux et des dirigeants autochtones prenaient part à une rencontre sur la question.

Le premier ministre Stephen Harper n'assiste pas à la réunion qui se déroule à Ottawa. Il a délégué Mme Leitch et son ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, ce qui a été critiqué par l'opposition.

Le dirigeant national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, estime que l'un des principaux objectifs de la réunion, pour les gouvernements fédéral et provinciaux, est de décider qui financera les actions qui pourraient être mises en oeuvre.

Les femmes autochtones composent 4,3 % de la population du Canada, mais elles comptent pour 16 % des homicides chez les femmes et 11,3 % des femmes disparues.

Une conférence de presse se tiendra à l'issue de la rencontre, vendredi après-midi, vers 15 h 30.

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