Jeu en ligne: les craintes et les espoirs étaient infondés

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Le rapport note que la proportion de joueurs en ligne - principalement de poker - est passée de 1,4% de la population québécoise à 1,5% après le lancement d'EspaceJeux et que cette activité demeure donc marginale.

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Le jeu en ligne n'a pas entraîné d'augmentation du jeu pathologique, mais n'a pas non plus amené les revenus additionnels qu'espérait Loto-Québec lorsque la société d'État a lancé son site EspaceJeux en 2010.

«Lorsqu'on a annoncé la création d'EspaceJeux, il y a eu à la fois des craintes qui ont été manifestées et il y a eu à la fois des rêves qui ont été manifestés et, aujourd'hui, je suis obligée de vous dire que et les craintes et les rêves ne se sont pas matérialisés», a déclaré jeudi Louise Nadeau, présidente du groupe de travail mis sur pied en 2010 pour examiner les conséquences de cette nouvelle offre de jeu en ligne de la société d'État.

Quatre ans après avoir reçu ce mandat, le groupe de travail créé par le ministre des Finances de l'époque, Raymond Bachand, estime par ailleurs qu'il n'était pas approprié de permettre à Loto-Québec d'être responsable de la prévention en matière de jeu pathologique.

«Cette décision-là est inacceptable, a lancé Mme Nadeau. Ça ne peut pas être le mandat d'une société d'État, qui a un mandat de commercialisation, d'assurer de faire de la prévention populationnelle.

«Le mandat de Loto-Québec, c'est d'assurer du jeu responsable pour ses clients, pour les joueurs, pas pour toute la population», a-t-elle affirmé.

Elle a d'ailleurs cité l'exemple de la page du jeu responsable sur le site d'EspaceJeux, qui est difficile d'accès et sur laquelle on retrouvait une publicité pour participer à un autre jeu, une bourde que Loto-Québec s'est empressée de corriger lorsqu'elle lui a été signalée par les chercheurs.

«À partir du moment où on a remis notre rapport à Loto-Québec, ils ont fait la transformation. Ce n'est pas par accident qu'on en vient à recommander une supervision et un contrôle de la sécurité et de l'intégrité du jeu responsable par un organisme de réglementation qui est extérieur à la société d'État», a-t-elle dit.

Dans leur rapport de plus de 200 pages, les auteurs proposent en effet de créer une fondation indépendante à qui seraient confiées les questions de prévention englobant les aspects sociaux, de santé, économiques et juridiques pour tous les jeux de hasard et d'argent.

Le rapport note que la proportion de joueurs en ligne - principalement de poker - est passée de 1,4% de la population québécoise à 1,5% après le lancement d'EspaceJeux et que cette activité demeure donc marginale. En chiffres, le nombre de Québécois qui jouent en ligne se situe autour de 95 000 et, parmi ceux-ci, seulement 18 000 le font exclusivement sur le site EspaceJeux de Loto-Québec.

L'écrasante majorité fréquente plutôt les quelque 2000 sites illégaux toujours accessibles, participant de ce fait à une forme d'évasion fiscale que les auteurs du rapport proposent de juguler par un encadrement légal de ces sites.

Pour y arriver, ils recommandent de créer un organisme indépendant, ou de confier un mandat en ce sens à la Régie des alcools, des courses et des jeux, afin d'émettre des licences et d'assurer une surveillance des pratiques, de l'intégrité et de la sécurité des jeux en ligne.

Ils soulignent que la pratique est courante dans plusieurs pays, ce qui leur permet de percevoir les entrées fiscales appropriées et que les exploitants de sites illégaux sont en faveur de cette approche qui leur permet de régulariser leur situation.

Le groupe de travail note toutefois qu'il faudra des changements au Code criminel, dont les dispositions désuètes sur les jeux de hasard et d'argent ne sont pas adaptées à la nouvelle réalité virtuelle.

Le rapport ne fait cependant état d'aucune donnée financière sur les revenus fiscaux qui pourraient ainsi être récupérés.

Quant au financement des divers organismes chargés de l'encadrement et de la prévention, tous les modèles ont démontré qu'ils s'autofinancent à partir de ponctions dans les taxes et impôts tirés de l'industrie.

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