L'épave du navire de Franklin devrait élucider d'importants mystères

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Une image du NSM Erebus captée par sonar.

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Justin Smallbridge
La Presse Canadienne
Vancouver

La récente découverte de l'épave du navire NSM Erebus dans l'Arctique canadien a ouvert une fenêtre historique sur le 19e siècle, permettant aux archéologues d'enquêter sur l'expédition de John Franklin à l'image de détectives qui examineraient une scène de crime.

Le NSM Erebus, le vaisseau à bord duquel naviguait l'explorateur anglais John Franklin, et le NSM Terror ont disparu lors de la quête en 1845 pour découvrir le passage du Nord-Ouest.

La découverte de l'épave, par onze mètres de fond dans la baie de la Reine-Maud, a été dévoilée en septembre, et l'identité a été confirmée plus tôt ce mois-ci.

Marc-André Bernier, archéologue sous-marin oeuvrant pour Parcs Canada, l'agence ayant mené six opérations majeures pour retracer les vaisseaux depuis 2008, a affirmé jeudi que ses collègues s'étaient mis au travail immédiatement après la découverte.

«Nous avons une fenêtre vers le passé, une chance de revenir 168 ans en arrière et de nous pencher sur la dernière année et les derniers jours de l'Erebus», a fait valoir M. Bernier.

«Nous sommes tels des enquêteurs, des détectives, qui se retrouvent sur une scène de crime et qui recueillent tout élément d'information possible, car il pourrait s'agir d'une clef pour comprendre ce qui est survenu», a-t-il poursuivi.

Il a souligné qu'il ne s'agissait pas de débris ou même de parties du navire que ses collègues ont trouvé, mais bel et bien une épave de quatre ou cinq mètres de hauteur.

Une image par sonar dévoilée lors de l'annonce de la découverte semble montrer une épave bien préservée. Elle montre que certaines structures du pont sont encore intactes, dont le grand mât, qui fut arraché par la glace lors du naufrage.

M. Bernier a indiqué que les archéologues devaient faire preuve d'une grande prudence en remontant les pièces à la surface.

Les pièces doivent être maintenues humides, car elles sont demeurées dans l'eau pendant près de 200 ans, a-t-il notamment précisé.

«Vous commencez à documenter aussitôt ces découvertes, au cas où ces éléments commenceraient à se détériorer rapidement», a exposé M. Bernier.

Le véritable travail s'amorce en laboratoire, où les archéologues prennent des photos, analysent les métaux et les matériaux et passent tout aux rayons X, a-t-il ajouté. «C'est un long processus, mais qui est crucial.»

La plongée dans le secteur ne pourra pas reprendre avant le printemps 2015, car la présente saison est terminée.

Le mystère sur le sort de M. Franklin et de l'équipage de 129 personnes n'a jamais été résolu, et l'autre vaisseau, le Terror, n'a pas encore été retracé.

Une équipe de recherche avait d'abord découvert une note laissée dans un cairn sur l'île King William qui relatait comment les deux navires s'étaient retrouvés piégés dans la glace à la fin 1846, et indiquait que M. Franklin était mort le 11 juin 1847.

Les avis divergeaient quant à savoir si l'explorateur avait passé ses derniers moments sur l'île King William ou sur le navire.

M. Bernier a indiqué que les informations recueillies par les Inuits, principalement durant le 19e siècle, ont mené les chercheurs jusqu'à l'Erebus et pourraient les aiguiller vers le Terror.

«Ces mêmes informations indiquent que l'un des navires se trouvait plus au nord, ce qui signifie que l'on peut s'attarder au détroit de Victoria pour retracer l'autre, car c'est là que nous mènent ces mêmes indices», a-t-il exposé.

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