Facebook, tremplin vers le djihad?

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Fabrice de Pierrebourg
La Presse

Le réseau social Facebook ne sert pas qu'à partager entre amis ses photos de vacances ou du dernier-né de la famille. C'est aussi une «passerelle et un tremplin vers la radicalisation» pour de futurs terroristes et leur «principal outil» pour contacter des «groupes extrémistes» et accéder à leur propagande.

C'est ce qu'écrit la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans un rapport de renseignement, non daté, obtenu par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. Celui-ci se penche sur «l'exploitation» du populaire réseau social par les extrémistes islamistes, en particulier pour faire l'apologie du terrorisme.

Mais la société Facebook s'est défendue en répliquant à La Presse, avant que n'éclate le scandale du programme secret PRISM de la NSA, qu'elle «travaille de concert avec les autorités pour cibler des groupes et prendre les mesures requises, toujours en vertu des politiques d'utilisation du site».

L'analyse de la GRC est basée notamment sur l'examen approfondi des comptes Facebook de deux terroristes: Arid Uka (arrêté en 2011) et Antonio Martinez, alias Muhammad Hussein (arrêté en 2010). Deux «fervents utilisateurs» du réseau social. En fouillant dans la liste de leurs «amis», en décortiquant leurs messages, en explorant les sites et liens recommandés sur leurs pages, les enquêteurs ont recensé plusieurs connexions extrémistes et djihadistes notoires.

Les policiers croient donc que ces deux «extrémistes» ont utilisé Facebook «pour établir un contact initial avec des groupes extrémistes» et «avoir accès à de la propagande extrémiste via le partage de liens». Le rapport recense d'ailleurs une vingtaine de ces pages Facebook, sites internet et chaînes YouTube liés à la mouvance radicale.

Plusieurs autres mouvements djihadistes connus sont aussi très actifs sur Facebook, comme La Presse a pu le constater.

La «fréquentation» par un individu de ces sites web et de la propagande qu'ils diffusent pourrait être un «signe d'extrémisme ou d'extrémisme violent», écrivent sans surprise les analystes de la GRC.

Ceux-ci croient par ailleurs qu'Uka et Martinez ont été «probablement influencés par les mêmes prêcheurs radicaux, en particulier Anjem Choudary et Omar Bakri Muhammad», tous deux «très actifs» sur l'internet. On retrouve d'ailleurs leur trace sur les pages Facebook des deux individus qui font l'objet de l'étude.

La question est de savoir si, justement, les «autorités» ne laissent pas ces radicaux utiliser des réseaux comme Facebook pour mieux surveiller leurs activités.

- Avec la collaboration de William Leclerc

Réactions de Facebook

«Chez Facebook, nous avons des règles qui interdisent les déclarations directes de haine, les attaques envers des individus et des groupes, ainsi que la promotion du terrorisme, a écrit un porte-parole dans un courriel à La Presse. Nous avons une équipe importante d'investigateurs aux États-Unis et à l'international qui renforcent ces règles. Lorsque du contenu abusif est mis en ligne et qu'il est signalé, Facebook le retire et désactive les comptes de ceux qui sont responsables. Facebook identifie les groupes terroristes en basant sa liste sur la liste des organisations terroristes internationales du département d'État des États-Unis.»

Facebook et «PRISM»

Selon le Washington Post et The Guardian, les services de renseignement américains (FBI et NSA) recueillent depuis des années, dans le cadre d'un programme secret baptisé PRISM, des données dans les serveurs de Facebook, notamment. Les agences visées ont nié toute participation «volontaire» ou «directe».




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