Karzaï appuie une loi machiste

Hamid Karzaï, le président afghan.... (Photo: AP)

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Hamid Karzaï, le président afghan.

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(Ottawa) Un projet de loi afghan controversé qui autoriserait les hommes à violer leur épouse a soulevé l'indignation dans la communauté internationale, ainsi qu'à Ottawa, où tous les partis ont condamné sans réserve cet important recul dans les droits des femmes.

Soutenue par le président afghan Hamid Karzaï, à la recherche d'appuis en prévision des élections, cette loi, s'adressant uniquement à la minorité chiite du pays, interdirait à une femme de sortir sans la permission de son mari, d'obtenir la garde de ses enfants et de refuser d'avoir des rapports sexuels avec son époux.

 

La question a d'abord été soulevée mardi, au moment où la communauté internationale se réunissait à La Haye, aux Pays-Bas, justement pour discuter de l'Afghanistan. Plusieurs organisations internationales, dont les Nations unies, n'ont pas tardé à critiquer le texte législatif, estimant qu'il faisait reculer les droits des femmes.

À Ottawa, les parlementaires se sont indignés, allant jusqu'à menacer l'Afghanistan de représailles si le gouvernement Karzaï ne modifiait pas cette loi.

Le ministre du Commerce international et président du comité ministériel sur l'Afghanistan, Stockwell Day, a indiqué en Chambre que le maintien de cette loi pourrait avoir des «conséquences sérieuses».

Le ministre Day a formellement demandé au gouvernement afghan «de remplir ses obligations» en vertu des traités internationaux sur les droits de l'homme.

«C'est inacceptable. Point à la ligne, a dit le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, en matinée. Je suis certain que Lawrence Cannon (ministre des Affaires étrangères) aura des discussions avec ses homologues. Je serai au sommet de l'OTAN ce week-end et on fera connaître notre position. On se bat pour des valeurs qui incluent la protection des droits des femmes.»

Même son de cloche pour la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, qui croit que le Canada doit faire pression sur l'administration Karzaï. «Nous avons investi beaucoup, nous avons mis beaucoup d'énergie et de ressources en Afghanistan. C'est décevant de voir un tel revirement», a dit Mme Oda.

Pour l'opposition à Ottawa, il est urgent d'agir pour bloquer cette législation. «Le gouvernement doit clairement indiquer au gouvernement Karzaï qu'il ne continuera pas à recevoir le même soutien du Canada s'il poursuit dans la voie de cette loi régressive et horrible qui attaque l'égalité des femmes», a souligné Dawn Black, députée du NPD, qui a été la première à soulever la question à la Chambre des communes, mardi.

«Il y a 116 de nos soldats qui sont morts pour changer les choses en Afghanistan, a pour sa part rappelé le chef néo-démocrate, Jack Layton. Comment le gouvernement peut-il dire que nos soldats sont morts pour protéger les droits des femmes quand Hamid Karzaï fait adopter cette loi?»

Chez les libéraux, le critique en matière d'affaires étrangères, Bob Rae, a qualifié l'action du gouvernement afghan de «réactionnaire», alors que le chef, Michael Ignatieff, s'est dit «scandalisé». «Les citoyens de ce pays méritent mieux», a-t-il souligné.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dit espérer que la communauté internationale, par le biais de l'ONU par exemple, dénonce ouvertement la législation controversée.

De passage à Londres pour la tenue du G20, le premier ministre Stephen Harper a déclaré, en entrevue à CBC, que cette loi allait «à l'encontre» de la mission canadienne sur le terrain.

«Faire des progrès sur le plan des droits des femmes, c'est un élément important de notre engagement international en Afghanistan», a dit M. Harper, qui s'est dit «profondément inquiet» de cette situation.

Mardi, les autorités canadiennes sont entrées en contact avec leurs homologues afghans, afin de demander des clarifications sur la loi controversée.

En fin d'après-midi hier, le ministre Stockwell Day a affirmé que le gouvernement afghan, sous la pression de la communauté internationale, songeait à réviser sa loi adoptée en février.

 




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