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Les chevaux resteront au coeur de Griffintown

Jean Larose est le seul cocher qui utilise... (PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE)

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Jean Larose est le seul cocher qui utilise actuellement le Horse Palace.

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Les chevaux garderont leur place au milieu des tours de condos qui poussent dans Griffintown.

On amorcera au cours des prochaines heures la démolition de l'écurie Horse Palace, située dans le fond d'une cour, rue Ottawa, non loin de la rue Peel. Déjà frêle, le bâtiment plus que centenaire a été grandement affaibli par les vibrations de la construction d'une tour adjacente, il y a quelques années. Comme il menace de s'effondrer, le dernier cheval qui y logeait encore a été déplacé dans une écurie de fortune à quelques pas de là.

«Au départ, nous voulions restaurer l'écurie, mais elle est trop endommagée pour que ce soit réaliste. Nous allons plutôt la reconstruire à neuf», dit l'avocat Robert Girard, vice-président de la Fondation du Horse Palace

Pour cet organisme fondé en 2009, le plus important était de maintenir la vocation équestre du site, dominé par des peupliers matures. Exploité depuis 1862, le Horse Palace est la plus ancienne écurie encore debout à Montréal. Au XIXe siècle, ses chevaux desservaient le port, les dépôts des chemins de fer du Grand Tronc et les usines du canal de Lachine. Deux autres écuries sont toujours actives dans le Sud-Ouest, mais elles n'ont pas la même valeur patrimoniale.

Si tout va comme prévu, la Fondation du Horse Palace, la Ville de Montréal et des promoteurs immobiliers du secteur se sépareront à parts égales la facture des travaux, qu'on évalue à 450 000 $. La construction doit débuter cet automne pour une inauguration l'an prochain. La Ville a déjà déboursé quelques centaines de milliers de dollars pour acquérir le terrain donnant accès à l'écurie.

Les nouvelles installations, qui pourront accueillir jusqu'à trois chevaux, respecteront les normes les plus récentes en matière de bien-être des animaux - tout un contraste avec l'écurie vétuste qui sera détruite. Celle-ci survivra toutefois en partie puisque l'on récupérera certains de ses matériaux pour les intégrer au nouveau bâtiment.

Jean Larose, seul cocher qui utilise actuellement le Horse Palace, a hâte de voir la nouvelle écurie, mais il craint que le projet, dont on parle depuis des années, ne voie jamais le jour. «Ça fait longtemps qu'on attend», râle-t-il.

Même si la situation s'est améliorée ces dernières années, une odeur «champêtre» émane toujours des lieux. Me Girard assure toutefois qu'aucun voisin ne s'est jamais plaint à ce sujet.

«Pour plusieurs habitants des alentours, la possibilité d'apercevoir un maréchal-ferrant à l'oeuvre est plutôt sympathique», estime M. Girard.

En fait, le propriétaire de l'auberge située devant le Horse Palace entend profiter de la reconstruction de l'écurie pour aménager une terrasse qui permettrait aux clients d'admirer les chevaux en sirotant leur café. Et Robert Girard imagine déjà la tenue d'événements comme des célébrations d'Halloween et un marché de Noël sur le site réimaginé.

L'investissement attendu de la Ville dans la reconstruction du Horse Palace survient alors que le maire Denis Coderre vient de réitérer son ambition d'aménager une écurie qui relèverait de la Ville dans le Vieux-Montréal. Rappelons que l'an dernier, l'administration municipale a dû renoncer à interdire les calèches dans le Vieux-Montréal après avoir été déboutée en cour.




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