Eaux usées: une pétition de 90 000 noms remise à Coderre

Denis Coderre a répondu pendant une vingtaine de... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Denis Coderre a répondu pendant une vingtaine de minutes aux questions de Xavier Nonnemacher, l'instigateur de la pétition «Le Saint-Laurent n'est pas une poubelle », signée par plus de 90 000 citoyens.

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(Montréal) Le mouvement d'opposition au déversement de huit milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent ne dérougit pas: un citoyen a remis mardi soir une pétition de plus de 90 000 signatures en mains propres à Denis Coderre. À la veille du verdict attendu d'Environnement Canada, le maire de Montréal n'a pas voulu se prononcer sur les conséquences d'un possible refus du fédéral.

«On va attendre la réponse d'Environnement Canada, qui n'a pas à donner son autorisation. C'est : "Est-ce qu'ils bloquent ou ils ne bloquent pas"'? Au bout de la ligne, ils ont tous les documents. Entre vous et moi, elle [Leona Aglukkaq] les avait depuis un an», a affirmé Denis Coderre, en mêlée de presse, avant la réunion du conseil d'arrondissement de Ville-Marie.

Sans la nommer, le maire Coderre s'est montré très critique à l'endroit de la ministre fédérale de l'Environnement Leona Aglukkaq, qui a demandé la semaine dernière de surseoir au déversement prévu du 18 au 24 octobre. «Il y a des gens qui ont essayé de faire de la politique à Ottawa. Ça lui a revolé un petit peu dans la face, parce qu'elle disait qu'elle l'avait appris la semaine d'avant, alors qu'elle avait les documents depuis 2014», a-t-il répondu à un citoyen.

Environnement Canada ne confirme toutefois pas qu'une réponse sera donnée à la Ville mercredi. «Notre préoccupation prioritaire est la protection du fleuve Saint-Laurent et les scientifiques d'Environnement Canada prendront le temps nécessaire pour examiner en détail l'information qu'ils ont reçue de la Ville», a indiqué par courriel Ted Laking, du cabinet de la ministre Aglukkaq.

En raison des lois fédérales, il est «pratiquement impossible» que le maire ordonne le déversement des eaux usées si Environnement Canada ne donne pas son autorisation, soutient l'opposition officielle. «La Ville pourrait avoir une grosse amende. Le directeur-général de la Ville, et peut-être même Denis Coderre en personne, pourraient être poursuivis», avance Sylvain Ouellet, porte-parole de Projet Montréal en matière d'eau et de développement durable.

L'élu laisse également entendre que l'administration Coderre pourrait dissimuler de l'information au sujet du déversement. «Il y a peut-être des études qu'ils nous cachent depuis le début. Qu'ils les sortent, les études, on ne les a toujours pas vues», soutient M. Ouellet.

Au conseil d'arrondissement, Denis Coderre a répondu pendant une vingtaine de minutes aux questions de Xavier Nonnemacher, l'instigateur de la pétition «Le Saint-Laurent n'est pas une poubelle », signée par plus de 90 000 citoyens. Le maire a notamment martelé que tous les experts consultés par la Ville étaient convaincus que le déversement était la seule solution et qu'il n'était pas possible de mettre des grillages pour empêcher le déversement de matières solides dans le fleuve en raison des inévitables refoulements que cela causerait. «C'est un mal nécessaire», a répété Denis Coderre. 

La Ville doit purger toutes les eaux usées d'un intercepteur de 30 kilomètres pour construire une nouvelle chute à neige au centre-ville dans le cadre des travaux d'abaissement de l'autoroute Bonaventure.

- Avec la collaboration de Daphné Cameron

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