À la rescousse du village des Tanneries

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Plus de 200 citoyens et politiciens ont dégainé une chandelle hier soir dans le quartier Saint-Henri pour se battre pour la préservation des vestiges du village des Tanneries.

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«On va se battre, pis on va gagner!», s'est exclamé l'historien Marcel Tessier, avant le début de la vigile. Plus de 200 citoyens et politiciens ont dégainé une chandelle hier soir dans le quartier Saint-Henri pour se battre pour la préservation des vestiges du village des Tanneries, un site archéologique unique qui sera démoli pour faire place à une partie de l'échangeur Turcot. Retour en cinq dates sur trois siècles d'histoire mouvementés du quartier Saint-Henri.

1685

Établissement d'une première tannerie

Une première tannerie s'établit en 1685 près de la rivière Saint-Pierre et de la falaise Saint-Jacques, tout près de l'actuel échangeur Turcot. Juste en retrait de la ville, l'endroit est parfait pour transformer les peaux en cuir, une activité qui émet des odeurs nauséabondes. « Les tanneries de Saint-Henri étaient très importantes par leur nombre d'artisans et par leur capacité productive. C'était une sorte de centre industriel à cette époque-là », explique Dinu Bumbaru, directeur des politiques chez Héritage Montréal.

1780

Fondation du village des Tanneries

Un siècle plus tard, le village de Tanneries des Rolland abrite une chapelle, une école et de nombreuses habitations. Des vestiges datant de cette époque pourraient être détruits lors des travaux de reconstruction de l'échangeur Turcot. « Les vestiges couvrent davantage la période de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle », indique M. Bumbaru, qui réclame la publication de l'étude du ministère des Transports du Québec (MTQ) et la formation d'une commission formée d'experts indépendants.

1867

Création de la paroisse de Saint-Henri-des-Tanneries

La paroisse de Saint-Henri-des-Tanneries, fondée en 1867, a été métamorphosée au fil des décennies par l'établissement de tanneries moins artisanales et plus industrielles le long du canal de Lachine. L'ouverture du canal de Lachine, élargi à deux reprises, et l'inauguration du chemin de fer contribuent au boom industriel. En 1901, la population atteint 21 000 personnes. Mais, criblée de dettes, la municipalité de Saint-Henri est annexée à la Ville de Montréal quatre ans plus tard.

1967

Inauguration de l'échangeur Turcot

Le quartier Saint-Henri connaît un déclin spectaculaire après la crise économique de 1929. Son âge d'or industriel est révolu. À la fin des années 50, l'ouverture de la Voie maritime du Saint-Laurent frappe de plein fouet un quartier déjà éprouvé par de nombreuses fermetures d'industries. Et le pire est encore à venir : la construction de l'échangeur Turcot et de l'autoroute Ville-Marie dans les années 60 et 70 défigurent le quartier. Des milliers de personnes seront expropriées durant les travaux, dont 3300 familles uniquement pour Ville-Marie.

2015

Destruction du village des Tanneries

Depuis l'annonce du mégaprojet de reconstruction de l'échangeur Turcot, évalué à 3,67 milliards, de nombreux citoyens sont montés aux barricades pour éviter la destruction du patrimoine de Saint-Henri. À terme, une vingtaine de bâtiments et plus d'une centaine de logements seront néanmoins détruits. Les vestiges du village des Tanneries connaîtront le même sort si Québec va de l'avant pour construire à cet endroit un immense collecteur des eaux usées et une partie de l'échangeur. La fin du chantier est prévue en 2020. 

Sources: Héritage Montréal, Archives de Montréal

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