Parcs du Plateau: Desjardins veut relancer sa campagne controversée

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Desjardins précise que sa campagne prévoyait déjà de changer d'emplacement au fil du temps. «Il s'agit d'une campagne «vivante: les cache-pots sont à un emplacement en matinée, et à un autre en après-midi», a dit hier Valérie Lamarre, porte-parole de Desjardins.

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Loin d'avoir été échaudée par la controverse suscitée par ses publicités implantées dans le Plateau, Desjardins entend relancer sa campagne publicitaire dans les parcs de Montréal.

Jeudi, l'institution financière s'est attiré les foudres de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal après avoir installé d'immenses pots à fleurs autour de certains arbres du parc Laurier afin de faire la promotion de placements. Indiquant que ces publicités n'avaient jamais été autorisées, le maire de l'arrondissement, Luc Ferrandez, a exigé leur retrait, estimant qu'elles n'avaient pas leur place dans un tel espace public. Desjardins s'était rapidement exécutée, retirant les pots controversés quelques heures seulement après les avoir installés.

L'institution veut maintenant obtenir les autorisations requises pour redéployer ses pots de fleurs géants. «Comme toute entreprise, nous cherchons toujours des façons originales et novatrices de communiquer. Nous allons donc reprendre la campagne, mais uniquement lorsque nous aurons complété certaines vérifications», explique Valérie Lamarre, porte-parole de Desjardins.

L'institution précise que sa campagne prévoyait déjà de changer d'emplacement au fil du temps. «Il s'agit d'une campagne «vivante: les cache-pots sont à un emplacement en matinée, et à un autre en après-midi», poursuit Mme Lamarre.

Des amendes de 100$ à 300$

Les vérifications de La Presse permettent toutefois de constater qu'une autorisation est bel et bien nécessaire pour afficher de la publicité dans un parc de la métropole. Le règlement sur les parcs de Montréal stipule en effet qu'il est interdit «de poser des enseignes, placards, affiches ou annonces à quelque fin que ce soit, sans la permission écrite du directeur».

Les contrevenants s'exposent à des amendes de 100$ à 300$ pour une première infraction. Celle-ci peut aller jusqu'à 1000$ en cas de récidive. «À ce prix là, c'est moins cher qu'un placement publicitaire se désole Luc Ferrandez. Si c'est une stratégie qui se généralise, on va réviser le montant des amendes.»

Le maire du Plateau estime que Desjardins a été mal conseillée par l'agence de publicité qui a conçu sa campagne. «Toutes les firmes de publicité peuvent faire preuve de créativité, mais elles devront aussi faire preuve de rigueur en lisant les règlements», dit l'élu.

Reste maintenant à voir si Desjardins osera s'aventurer de nouveau dans le Plateau avec sa campagne publicitaire. Pour le moment, l'institution précise uniquement que sa campagne doit visiter «d'autres endroits de Montréal». Et Luc Ferrandez n'en démord pas: pas question pour son administration de laisser la publicité envahir les parcs de son arrondissement. «S'ils veulent continuer de se nuire, ils peuvent. Mais au final, la perception des gens n'est pas positive», dit-il.

Stratégie risquée

La décision de Desjardins de poursuivre sa campagne publicitaire malgré la controverse surprend Jean-Jacques Streliski, cofondateur de l'agence Cossette et professeur associé à HEC Montréal. «Si Desjardins veut récidiver, c'est à ses risques. Je ne vois pas beaucoup de sens dans la mesure où Desjardins a adopté un positionnement assez citoyen, communautaire, qui se soucie de la vie de tout un chacun», évalue cet ex-publicitaire.

L'homme souligne que la publicité a tendance à vouloir investir les espaces laissés vacants, mais à l'heure où la publicité est omniprésente, les publicitaires doivent éviter de franchir la ligne où leurs campagnes sont perçues comme envahissantes. «Il y a un ras-le-bol de la publicité, alors les publicitaires doivent séduire, expose M. Streliski. Et est-ce que cette stratégie est un acte de séduction? Je ne pense pas.»

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