Le Plateau veut limiter la superficie des bars et restos

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Un autre objectif du règlement est de «privilégier une offre de restauration unique plutôt que générique».

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L'arrondissement du Plateau-Mont-Royal veut limiter la superficie de ses nouveaux bars et restaurants à 200 mètres carrés afin de réduire les nuisances comme le bruit, les files d'attente, les odeurs ou le va-et-vient des camions de livraison. Dans ces conditions, des institutions comme l'Express ou Schwartz's n'auraient pas vu le jour dans leur forme actuelle, indiquent des commerçants qui s'opposent au projet de règlement.

La nouvelle réglementation, qui s'appliquerait aussi aux salles de billard, a été présentée au conseil d'arrondissement lundi. Face aux réserves des commerçants, les élus ont reporté leur décision à leur prochaine rencontre, dans un mois.

«On est en train d'administrer un remède de cheval en l'absence de données», a dénoncé Glenn Castanheira, directeur général de la Société de développement du boulevard Saint-Laurent. «Sur la Main, on compte 58 établissements qui ont une superficie de plus de 200 mètres carrés et seulement 2 d'entre eux font l'objet de plaintes de bruit», a-t-il illustré.

Un autre objectif du règlement est de «privilégier une offre de restauration unique plutôt que générique». Pourtant, note M. Castanheira, ce sont davantage les grandes chaînes qui peuvent rentabiliser un petit espace, car les cuisines sont souvent centralisées.

Dans un contexte de morosité économique, les restaurateurs s'inquiètent par ailleurs de la rentabilité. Sur l'avenue Laurier Ouest, les commerçants proposent donc de hausser le seuil à 300 mètres carrés.

«Il ne nous apparaît pas possible d'ouvrir un restaurant de 80 places (ce qui est moyen) dans 200 mètres carrés. Il faut tenir compte des espaces réservés aux réfrigérateurs, à la cuisine, au vestiaire des employés, a écrit le président du conseil de l'Association des commerçants de l'avenue Laurier Ouest, Émile Kutlu, dans une lettre adressée au conseil d'arrondissement. Nous ne croyons pas nécessaire d'imposer une limite si basse qu'elle devient un frein plutôt qu'un remède.»

La conseillère du district du Mile End, Marie Plourde, souligne qu'il sera encore possible de présenter des projets qui dérogeront à la limite de 200 mètres carrés. L'arrondissement étudie présentement la possibilité d'accélérer le processus de demandes pour des «projets particuliers», qui prend actuellement environ six à neuf mois. À travers ce mécanisme, les commerçants seront accompagnés pour réduire les nuisances avant l'ouverture de leur établissement. L'arrivée d'un bar dans un quartier résidentiel peut être un «choc» pour les citoyens, dit Mme Plourde. «D'un côté, les gens veulent habiter dans les quartiers centraux, mais de l'autre, ils doivent vivre avec les nuisances. L'harmonie dans un quartier, c'est central», dit-elle.

Le Plateau doit privilégier les commerces ciblés ou de destination, croit-elle. «Sur l'avenue du Mont-Royal, la limite de 200 mètres carrés est déjà appliquée et ce n'est pas du tout un frein à leur économie», dit-elle.

Les commerces qui existent déjà et dont la superficie dépasse la limite proposée bénéficieront d'un droit acquis. Depuis le 3 septembre, un «effet de gel» empêche l'ouverture de restos et de bars de plus de 200 mètres carrés dans le quartier.

- Avec la collaboration de François Cardinal

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