Travaux au lac aux Castors: deux entrepreneurs poursuivent Montréal

Le bassin du lac aux Castors a été... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le bassin du lac aux Castors a été creusé à la main en 1938 et ses composantes nécessitent une restauration majeure.

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En plus d'accuser un an de retard, les travaux de réfection du lac aux Castors au sommet du mont Royal font maintenant l'objet de deux poursuites judiciaires. Un entrepreneur réclame plus de 700 000$ à la Ville de Montréal pour payer les coûts du retard, tandis qu'un autre demande 1,1 million pour avoir été écarté de l'appel d'offres.

La première poursuite a été intentée en mai dernier par le Groupe Dubé et Associés, qui a remporté la première des deux phases de réfection du secteur du lac aux Castors. Selon cette poursuite, le contrat de 7,5 millions devait initialement être terminé en novembre 2012.

«L'échéancier n'a aucunement pu être suivi, peut-on lire dans la poursuite du Groupe Dubé et Associés. Il y a eu plus de 82 changements [aux plans et devis].»

La poursuite précise que la Ville de Montréal n'a accordé aucune prolongation pour la réalisation du chantier, forçant la réalisation des travaux dans des conditions hivernales, ce qui a fait grimper la facture.

L'entrepreneur a par exemple dû débourser plus de 80 000$ pour le déneigement du site et 38 000$ en frais de chauffage. La Ville a aussi demandé à l'entrepreneur de déplacer les clôtures qui encerclaient le chantier afin de permettre la glissade l'hiver. Coût de l'opération: 19 000$. À cela s'ajoutent 7600$ pour nettoyer le périmètre après la fonte des neiges.

Sols contaminés

La poursuite reproche aussi à la firme qui a décroché le mandat de planification des travaux d'avoir «retenu volontairement de l'information» sur le degré de contamination des sols à excaver lors du processus de soumissions. L'entreprise indique que les frais pour faire analyser les sols et les acheminer vers un lieu d'enfouissement spécialisé ont eux aussi contribué à faire grimper la facture.

Au bout du compte, Groupe Dubé estime à plus de 700 000$ l'ensemble des frais supplémentaires qu'a entraînés le retard du chantier.

C'est la firme Plania qui avait décroché en octobre 2011 le mandat pour les plans et devis, un contrat de 1,6 million. Elle avait été la seule firme à déposer une soumission lors de l'appel d'offres mené en juillet 2011.

Déjà, à l'époque, Montréal entrevoyait certaines difficultés dans le déroulement du chantier. Ce projet avait été classé selon «le plus haut degré de complexité». Le contrat de Plania mentionnait que la fin des travaux de la phase 2 était prévue en novembre 2013.

Nouvelles règles

Or ces travaux, lancés uniquement en juin dernier, sont toujours en cours. Une porte-parole de la Ville de Montréal a indiqué que «la majorité [de la deuxième phase] sera complétée pour décembre 2014 alors que les travaux de finition (engazonnement, ensemencement et plantation) seront terminés d'ici le printemps 2015».

Refusant de commenter directement la poursuite du Groupe Dubé, la Ville de Montréal a néanmoins attribué le retard dans ce projet à l'entrée en vigueur en 2013 des nouvelles règles obligeant les entrepreneurs à obtenir une autorisation auprès de l'Autorité des marchés financiers.

Une autre poursuite a également été intentée contre la Ville de Montréal dans le cadre de ce projet, a appris La Presse. L'entreprise Terramex Aménagement Urbain réclame 1,1 million, estimant avoir été injustement écartée lors de l'appel d'offres de la première phase, mené au printemps 2012.

Terramex avait présenté l'offre la plus basse, à 6,2 millions, soit 1,4 million de moins que celle du Groupe Dubé. Sa proposition avait toutefois été rejetée puisque l'entrepreneur ne disposait pas de permis pour réaliser des travaux «immergés».

Dans sa poursuite, l'entreprise dénonce cette clause, les travaux devant se dérouler sans eau. «L'entrepreneur devra pomper les eaux du lac et assécher le fond de ce dernier avant de débuter les travaux d'excavation à cet endroit», indiquait d'ailleurs l'appel d'offres.

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