Grande simulation aux urgences: fausses victimes, réelle tension

  • 40 victimes transportées par hélicoptère à l'hôpital Sacré-Coeur de Montréal. (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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    40 victimes transportées par hélicoptère à l'hôpital Sacré-Coeur de Montréal.

    Photo: Martin Chamberland, La Presse

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  • Ranjit Singh Lotay est un des militaires qui est aussi figurant pour l'exercice. Il a été maquillé en grand brûlé. (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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    Ranjit Singh Lotay est un des militaires qui est aussi figurant pour l'exercice. Il a été maquillé en grand brûlé.

    Photo: Martin Chamberland, La Presse

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  • Un homme vient de se faire maquiller le bras. (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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    Un homme vient de se faire maquiller le bras.

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  • Michel Langlois maquille Jonathan Carson. (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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    Michel Langlois maquille Jonathan Carson.

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  • Une militaire discute avec Ranjit Singh Lotay avant le décollage. (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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    Une militaire discute avec Ranjit Singh Lotay avant le décollage.

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  • Les fausses victimes sont placées dans l'hélicoptere qui s'apprête à décoller. (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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    Les fausses victimes sont placées dans l'hélicoptere qui s'apprête à décoller.

    Photo: Martin Chamberland, La Presse

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  • Un homme est maquillé pour être un faux blessé lors de l'exercice. (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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    Un homme est maquillé pour être un faux blessé lors de l'exercice.

    Photo: Martin Chamberland, La Presse

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Grand branle-bas de combat, hier matin à Montréal, alors qu'une simulation d'écrasement d'avion a été réalisée. Une soixantaine de fausses victimes ont été déplacées par hélicoptère de l'aéroport de Saint-Hubert vers trois hôpitaux de la métropole. L'objectif était d'évaluer la qualité des départements de traumatologie de l'île en cas de désastre impliquant plusieurs victimes, un cas qualifié de «code orange» dans le milieu médical. La Presse a eu accès en exclusivité aux coulisses de cette journée mouvementée.

La simulation en bref:

Description de la fausse tragédie: Un avion s'écrase au nord de Montréal, faisant potentiellement 200 blessés.

Description d'un «code orange»: Code utilisé dans le monde entier lors d'une catastrophe ou d'un sinistre externe qui provoque un transport massif de personnes vers les hôpitaux.

Exemples de cas où le code orange a été lancé à Montréal: La tuerie de l'École polytechnique en 1989 et celle du collège Dawson en 2006.

Durée de la simulation: 7 heures

Hôpitaux ayant participé à l'exercice: L'hôpital du Sacré-Coeur, l'Hôtel-Dieu du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et l'hôpital Jean-Talon.

Autres acteurs: les Forces canadiennes, la Sûreté du Québec, le Service de police de la Ville de Montréal, Urgences-santé, l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Société de transport de Montréal, Ville de Montréal, Direction régionale de la sécurité civile de Montréal, Laval, Lanaudière et des Laurentides.

Imprévu: En tout temps, les «vrais» patients qui se présentaient dans les urgences où s'est déroulée la simulation avaient priorité sur les figurants. À l'hôpital du Sacré-Coeur, un vrai patient s'est présenté vers 10 h et a rapidement été pris en charge. La simulation a été suspendue quelques minutes, le temps de régler son cas.

Se fier à l'instinct

La simulation d'écrasement d'avion qui a eu lieu hier à Montréal a permis à une équipe de médecins de l'hôpital du Sacré-Coeur de lancer un important projet de recherche qui pourrait changer de façon draconienne les façons de faire en cas de catastrophe majeure dans les hôpitaux partout dans le monde.

Le Dr Éric Lalonde, urgentiste, et la Dre Michelle D'Amour, résidente, ont testé hier une nouvelle méthode de triage des patients qui se présentent à l'urgence lors d'une tragédie d'envergure.

«Nous avons demandé à l'infirmière au triage d'évaluer les patients selon son instinct, et non pas en suivant la procédure habituelle», résume le Dr Lalonde.

C'est l'infirmière Nancy Loisel qui a accepté de tenter l'expérience. «C'était stressant au début, mais on finit par prendre le rythme», a-t-elle déclaré en cours d'exercice.

Plusieurs questions persistent

Le Dr Lalonde explique qu'il y a «beaucoup de questionnements dans le milieu médical sur la meilleure façon de faire du triage en mode désastre, donc quand il y a plusieurs victimes qui se présentent en même temps à l'hôpital».

Actuellement, la méthode de triage utilisée en cas de catastrophe majeure se nomme le «Start» et consiste à attribuer un code de couleur aux victimes qui se présentent en suivant certains critères.

Des analyses de différentes tragédies survenues dans le passé, comme les attentats terroristes dans les transports en commun de Londres en 2005 ou les bombes qui ont éclaté au marathon de Boston en 2013, ont permis de remarquer que la méthode «Start» comporte des failles. «On remarque que plusieurs patients dont l'état n'est pas si critique se retrouvent dans la catégorie de couleur rouge, résume le Dr Lalonde. En temps normal, on ne se pose pas la question à savoir si on va manquer de ressource pour soigner tout le monde. Mais en cas de désastre, on se la pose. Et le problème avec «Start», c'est que la gravité de certains cas est surestimée.»

Les analyses montrent aussi que puisque la méthode «Start» est peu souvent utilisée par les infirmières, celles-ci oublient les critères d'évaluation des patients et peuvent agir moins rapidement lors d'une catastrophe. 

Avec son équipe, l'urgentiste a entrepris de tester une méthode de triage dite «à l'instinct». «On veut continuer d'attraper les vrais cas de "rouge", mais éliminer les faux», dit-il.

Une équipe de tournage a entièrement filmé la simulation d'hier. Au cours des prochains mois, les vidéos seront longuement analysées par la Dre D'Amour. «On fera visionner des extraits à plusieurs infirmières et on leur demandera comment elles auraient évalué les patients selon leur instinct. On va pouvoir ensuite évaluer la méthode», dit-elle.

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