Mort d'Alain Magloire: les policiers impliqués en arrêt de travail

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Les policiers du SPVM impliqués dans l'intervention qui s 'est soldée par la mort par balles d'Alain Magloire, lundi, sont actuellement en arrêt de travail pour cause de maladie. Certains pourraient être affectés à des tâches administratives durant l'enquête de la Sûreté du Québec, selon nos sources.

L'un d'eux est le policier Denis Côté, héros de la tragédie du collège Dawson en 2006, alors qu'il avait atteint Kimveer Gill , qui avait tué une élève et qui devait retourner son arme contre lui.

Selon nos sources, Côté aurait , lors de l'intervention sur la rue Berri, heurté Alain Magloire avec sa voiture, à basse vitesse, pour le déstabiliser et tenter de faire tomber le marteau qu'il brandissait.

D'après le témoin de la scène Sébastien Gédéon, Alain Magloire s'est alors retrouvé sur le capot de la voiture avant d'être jeté en bas par un autre agent. Il aurait perdu pied, et c'est quelques instants plus tard qu'il a perdu la vie.

Outre Côté, la SQ tente de comprendre le rôle joué dans cette intervention par deux jeunes policiers, soit celui qui a fait feu, et sa partenaire, qui aurait trébuché près de Magloire. Croyant que l 'homme armé d'un marteau se dirigeait vers sa collègue, l'agent a tiré. Au total, sept policiers ont été conduits à l'hôpital après l'intervention pour traiter un choc nerveux, plus violent pour certains.

La police de Montréal refuse de confirmer toute mesure que ce soit à l'encontre des policiers. Du côté de l'enquête, peu de nouveaux détails ont filtré.

Le père et le frère prudents

Pour leur part, le père et le frère d'Alain Magloire se montrent plus hésitants à parler des évènements de lundi dernier. Ils refusent de jeter tout le blâme sur les policiers et souhaitent une prise de conscience de la société et des gouvernements. «J'espère qu'on fera la lumière sur ce qui s'est passé, dit René Magloire. C'est toujours le même problème lorsqu'il y a des cas de ce genre-là: la limite entre la légitime défense et l'agression. Il y a plusieurs choses à voir et à vérifier ».

Pierre Magloire, qui se trouvait dans la Grande Bibliothèque lors de l'intervention, à quelques dizaines de mètres de l'endroit où son frère est mort, ne s'est rendu compte de rien.

«Si j'avais été dehors, que je l'avais vu, j'aurais pu empêcher tout ça », se désole-t-il. Il déplore le fait que les policiers « visent le thorax », même contre des individus agités. Il convient qu'après avoir consommé, il n'est pas impossible qu'Alain ait disjoncté. Il aimerait que tous les policiers de la ville soient équipés d'un pistolet à décharge électrique, un taser. Ça aurait pu sauver son frère, croit-il.

Mais sa critique la plus vive s'adresse aux pouvoirs publics municipaux et provinciaux. «Il faudrait un protocole au centre-ville. Dans les postes de quartier 22 et 21, leur clientèle principale, c'est les itinérants souffrant de troubles mentaux.

Le centre-ville de Montréal est l'hôpital psychiatrique du Québec. On désinstitutionnalise parce que ce n'est pas profitable pour la société de traiter ces gens. En conséquence, nos policiers deviennent nos travailleurs sociaux. Eh bien, il faudrait leur donner une formation adéquate », rage Pierre Magloire.

«Ces gens ne sont pas des animaux ou des bêtes de cirque. On essaie de les cacher pendant le Grand Prix et les festivals. Si la mort d'Alain doit servir à quelque chose, c'est qu'on se réveille comme société. Il aurait dû être un membre actif de la société, pas partir comme ça», conclut le frère de la victime.

-Avec Étienne Côté-Paluck, collaboration spéciale




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