Gérald Tremblay a été controversé dès le début

Gérald Tremblay, lors de l'annonce de sa démission,... (La Presse Canadienne)

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Gérald Tremblay, lors de l'annonce de sa démission, lundi soir

La Presse Canadienne

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«Il ne s'est pas passé une semaine sans que le maire de Montréal, Gérald Tremblay, ne soit éclaboussé par une affaire embarrassante depuis son arrivée au pouvoir.» Cette analyse, les lecteurs de La Presse ont pu la lire dès... juin 2002, à peine six mois après l'élection de leur nouveau maire. Dix ans plus tard, les controverses ont eu raison de sa carrière politique.

Départ chaotique

Dès son arrivée au pouvoir, en janvier 2002, Gérald Tremblay embauche 65 personnes pour son cabinet politique, dont 38 conseillers. En février, une entreprise fondée par Gérald Tremblay, l'Institut pour le progrès socioéconomique (IPSE), obtient un contrat de 850 000$.

On apprend que des résidants de L'Île-Dorval ont racheté les infrastructures municipales pour une bouchée de pain. Des contrats sont attribués aux principaux organisateurs politiques du parti du maire. «Les assistés sociaux ne financent pas les campagnes électorales», explique Frank Zampino, président du comité exécutif.

Mai 2002

En mai, le ministre de la Justice, Paul Bégin, tape sur les doigts du maire pour avoir fourni une déclaration d'intérêts pécuniaires incomplète. Deux conseillers de l'Union des citoyens de l'île de Montréal (UCIM, ancien nom d'Union Montréal) de l'arrondissement de Saint-Laurent, Irving Grundman et René Dussault, sont arrêtés et accusés de complot, d'abus de confiance et de corruption. Ils ont exigé une somme de 75 000$ pour faciliter un changement de zonage pour un complexe immobilier. Ils sont condamnés en 2005 à 23 mois de prison à purger dans la société et à des amendes totalisant 75 000$.

Octobre 2007

L'administration de l'ex-maire d'Outremont Stéphane Harbour, élu sous la bannière d'Union Montréal, est visée par une enquête de la Sûreté du Québec (SQ) pour la construction d'un centre communautaire dont les coûts ont explosé. La Presse révèle par ailleurs les habitudes extravagantes de son administration, notamment en ce qui concerne la consommation d'alcool.

Novembre 2007

Le plus important contrat de l'histoire de la Ville - 356 millions pour installer des compteurs d'eau -, attribué au consortium formé de Dessau et de Simard-Beaudry, tourne rapidement au fiasco. Improvisation, accusations de favoritisme, irrégularités et une croisière que le président du comité exécutif, Frank Zampino, a faite sur le bateau de Tony Accurso: le contrat sera finalement annulé en septembre 2009. Deux hauts fonctionnaires, le directeur général Claude Léger et le directeur des affaires corporatives Robert Cassius de Linval, sont limogés.

Septembre 2008

Une enquête interne révèle une fraude de 8 millions à la division des services informatiques (DSI) de la Ville de Montréal. Le directeur général du service, Gilles Parent, est congédié.

Octobre 2008

L'affaire du Faubourg Contrecoeur éclate. La Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) a vendu à Catania un terrain évalué à 31 millions de dollars au rôle d'évaluation municipale pour 4,4 millions. Le directeur général Martial Fillion est démis de ses fonctions, la SHDM réintègre le giron des sociétés paramunicipales et le vérificateur général se penche sur le dossier.

Juin 2009

La SQ ouvre une enquête concernant le contrat de 10,6 millions pour la réfection du toit de l'hôtel de ville. Selon l'entrepreneur Paul Sauvé, la mafia lui aurait demandé une somme de 40 000$ destinée à deux élus du parti du maire Tremblay.

Mai 2010

Les liens troubles entre une entreprise de sécurité, BCIA, et plusieurs décideurs, dont Yvan Delorme, chef de la police de Montréal, et Frank Zampino, ex-numéro deux de la Ville, sont révélés au grand jour. Financement politique douteux, odomètres trafiqués, BCIA surveillait également les locaux de la police de Montréal sans contrat formel.

Hiver 2011

En février 2011, La Presse révèle que le vérificateur général de la Ville, Jacques Bergeron, a vu ses courriels interceptés pendant 10 mois par le Service du contrôleur général, Pierre Reid. Deux mois plus tard, on apprend que le président du conseil municipal, Claude Dauphin, a fait l'objet du même traitement. Le 5 mai, Québec envoie les enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption à l'hôtel de ville de Montréal.

Mai 2012

Arrestation de trois proches de Gérald Tremblay: Frank Zampino, son ancien bras droit, Martial Fillion, son ancien chef de cabinet, et Bernard Trépanier, ancien responsable du financement de son parti. Les trois hommes sont soupçonnés de fraude et de complot dans l'affaire du Faubourg Contrecoeur.

Automne 2012

L'équivalent de 3% des contrats détourné dans les coffres du parti du maire, ou du comité exécutif, corruption généralisée, négligence des élus et, finalement, témoignage voulant que le maire Gérald Tremblay ait déclaré ne pas avoir «à savoir ça». Le tableau dressé par la commission Charbonneau de l'administration municipale montréalaise est tout simplement dévastateur et plonge l'administration Tremblay dans une crise sans précédent.

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