Rue Sainte-Catherine: l'espace piétonnier pourrait être amputé

Pour enrayer les problèmes de sécurité, le Service... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, Archives La Presse)

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Pour enrayer les problèmes de sécurité, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a suggéré d'abandonner la piétonnisation de la portion à l'ouest de la rue Amherst, ce qui représente un peu plus de 400 m des 1200 m réservés aux piétons l'été dernier.

Photo: Édouard Plante-Fréchette, Archives La Presse

Pierre-André Normandin

Pierre-André Normandin
La Presse

La multiplication des agressions et des problèmes d'itinérance près de la station de métro Berri-UQAM remet en question la piétonnisation d'une partie de la rue Sainte-Catherine l'été prochain. Et ce, paradoxalement, même si l'arrondissement de Ville-Marie planifie au contraire d'étendre l'interdiction de circulation pour les voitures.

Depuis quelques étés, l'arrondissement de Ville-Marie ferme une portion de la rue Sainte-Catherine à la circulation entre la rue Berri et l'avenue Papineau. Or, l'an dernier, plusieurs citoyens et commerçants ont rapporté une multiplication des agressions. Pour enrayer les problèmes de sécurité, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a suggéré d'abandonner la piétonnisation de la portion à l'ouest de la rue Amherst, ce qui représente un peu plus de 400 m des 1200 m réservés aux piétons l'été dernier. Du coup, toute la place Émilie-Gamelin, qui se trouve au-dessus de la principale station de métro de Montréal, se trouverait exclue du périmètre piéton.

Le maire Gérald Tremblay, qui dirige également l'arrondissement de Ville-Marie, a reconnu mardi soir que «des discussions sont en cours». «La préoccupation que nous avons, ce n'est pas sur l'importance de la piétonnisation. Le problème que nous avons à court terme est un problème de sécurité. Beaucoup de personnes sont venues se plaindre qu'elles avaient été agressées, ça a même fait les manchettes», a-t-il souligné lors d'une séance du conseil d'arrondissement.

Ghislain Rousseau connaît bien les problèmes causés dans le Village par la présence des revendeurs de drogue et sans-abri installés à la place Émilie-Gamelin. À deux reprises l'an dernier, le commerçant a été agressé par des personnes fortement intoxiquées. Selon lui, l'idée de réduire la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine «passe à côté du problème». «On a laissé trop longtemps les revendeurs de drogue sans s'en occuper. On a fermé l'oeil depuis trop d'années sur leur présence», déplore-t-il.

La Société de développement commercial (SDC) du Village dénonce l'initiative, car elle estime qu'elle mettrait en péril ses efforts pour attirer les visiteurs. Plusieurs commerces fermeraient boutique puisque 65% des membres de la SDC se trouvent dans cette portion de rue. Cette nouvelle tombe d'autant plus mal que l'arrondissement interdira aux commerçants d'installer des terrasses sur les trottoirs, pour faciliter l'accessibilité du secteur aux handicapés. Du coup, celles-ci perdront 25% de leurs places assises.

«Il ne faudrait pas, pour des raisons de sécurité, remettre en question la piétonnisation», a tenu à assurer le maire Tremblay. L'arrondissement de Ville-Marie précise qu'aucune décision n'a encore été prise. Au contraire, on dit toujours vouloir aller de l'avant avec le projet d'étendre l'interdiction aux voitures jusqu'à la rue De Bleury, dans le Quartier des spectacles, ce qui représente une portion de 2,1 km.

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