Fusillade à Fredericton: les deux policiers tués identifiés

De nombreux policiers ont été déployés près des... (PHOTO Keith Minchin, LA PRESSE CANADIENNE)

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De nombreux policiers ont été déployés près des lieux de la fusillade.

PHOTO Keith Minchin, LA PRESSE CANADIENNE

Une fusillade survenue vendredi à Fredericton a fait quatre morts, dont deux policiers. Un suspect, un homme de 48 ans, sérieusement blessé, a été arrêté peu avant 9 h.

Les deux policiers tués ont été identifiés: il s'agit de l'agent Lawrence Robert Castello, 45 ans et de l'agent Sarah Mae Burns, 43 ans. Les deux autres victimes, des civils, sont un homme et une femme. Leur identité n'a pas encore été révélée.

Les premiers coups de feu ont été tirés vers 7 h ce matin, dans le secteur de Brookside Drive, à Fredericton. Après avoir reçu un appel d'urgence, les agents Castello et Burns se sont rendus sur les lieux et ont trouvé le corps des deux premières victimes au sol, a expliqué le chef adjoint de la police de Fredericton, Martin Gaudet.

C'est à ce moment qu'ils ont eux-mêmes été tués par balle. Sarah-May Burns, agent dans le corps policier frédérictonnais depuis deux ans, laisse dans le deuil son conjoint et ses deux enfants. Lawrence «Robb» Castello travaillait au sein de la police de la ville depuis 20 ans et laisse derrière lui sa femme et ses quatre enfants.

À l'heure actuelle, on ne connaît pas l'identité du tireur ni ses motifs. L'homme, âgé de 48 ans, est un résidant de Fredericton, ont précisé les autorités lors de la conférence de presse.

L'hôpital régional Dr Everett Chalmers confirme qu'il traite plusieurs personnes impliquées dans le drame, mais le nombre de blessés reste à préciser. Leur identité n'a pas non plus été dévoilée.

«Tais-toi ! Tais-toi !»

Selon plusieurs témoins, il y aurait eu au moins une dizaine de détonations en tout. Un résidant de Brookside Drive, Tim Morehouse, a raconté à La Presse canadienne avoir entendu quelqu'un crier «Tais-toi ! Tais-toi !», puis avoir aperçu des corps au sol, dans le stationnement arrière du 237 Brookside Drive.

Des policiers ont procédé à l'évacuation du quartier peu après le début des événements. Le quartier a été bouclé pendant plusieurs heures.

L'Agence France-Presse rapporte que des témoins interrogés par des chaînes de télévision auraient vu le canon d'une arme sortant de la fenêtre d'un petit immeuble, tirant en direction d'une cour, alors que les corps de deux policiers gisaient sur le sol.

Des policiers se sont rassemblés devant l'établissement en après-midi, se consolant les uns les autres pendant la mise en berne de ses drapeaux canadien et néo-brunswickois.

À 8 h 45, la police de Fredericton a annoncé dans un tweet qu'un suspect avait été arrêté, alors que la zone de la fusillade était toujours barricadée, par mesure de sécurité. Deux heures plus tard, toujours via Twitter, les autorités ont ajouté que le suspect avait subi de sérieuses blessures.

Un terrible choc

Après avoir été informée par des policiers qu'elle devait quitter son appartement et s'éloigner du périmètre de sécurité, Bernie Tucker, qui dit habiter dans l'immeuble voisin de celui où s'est déroulée la fusillade, était en train d'évacuer lorsqu'elle a entendu plusieurs nouvelles détonations. «Quand je suis arrivée à ma voiture, il y a eu d'autres coups de feu, a raconté la dame, jointe par La Presse. Une policière m'a dit de me baisser, pour me mettre à l'abri. C'était terrifiant.»

Le bouclage du quartier a été levé peu avant 10 h 30. Tout juste de retour dans son appartement au moment de s'entretenir avec La Presse, vers 11 h, Bernie Tucker a dit être reconnaissante du travail des autorités. «C'est un terrible choc de voir ce qui vient de se passer», a-t-elle ajouté.

De l'autre côté de la rue, face à l'immeuble de Mme Tucker, se trouve la Maison funéraire York. Joint par La Presse peu après 10 h, le directeur de l'établissement, Bill Henwood, a lui aussi dit que cette «tragédie» est un grand choc pour tous, dans ce quartier qu'il décrit comme «très tranquille» et «où il y a très peu de criminalité».

Appuyés de la Gendarmerie royale du Canada, les policiers locaux demandent l'aide du public pour reconstituer le fil des événements. «Il y a beaucoup de personnes qui ont vu des choses, entendu des choses, mais on n'avait pas la chance de parler à tout le monde», a exposé l'agent J.-P. MacDougall en mêlée de presse plus tôt aujourd'hui. La demande a été réitéré durant la conférence de presse en début d'après-midi. 

D'après les plus récentes données de Statistique Canada, 28 policiers ont été tués durant l'exercice de leur fonction au Canada entre 2000 et 2016, dont six d'entre eux au Québec.

Durant cette même période, dans les provinces de l'Atlantique (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador et l'Île-du-Prince-Edouard), on dénombre trois morts. Il s'agit des trois agents de la GRC qui avaient été abattus en pleine rue à Moncton, principale ville du Nouveau-Brunswick, en 2014.

L'assassin a été condamné à 75 ans de prison, la plus dure sentence imposée à une personne reconnue coupable dans les annales récentes au Canada.

Statistique Canada a récemment donné des arguments aux défenseurs du contrôle des armes en publiant des chiffres qui montrent une hausse de la criminalité pour une troisième année consécutive dans le pays en 2017, avec une augmentation de 7 % du taux d'homicides, pour un total de 660. En outre, selon Statistique Canada, 7700 Canadiens ont été victimes d'un crime violent en 2017 impliquant une arme à feu, poursuivant la tendance à la hausse amorcée en 2013. 

- Avec La Presse canadienne et l'Agence France-Presse




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