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Enquête sur les fuites à l'UPAC: une policière suspendue pour avoir prévenu un suspect

Le député de Chomedey, Guy Ouellette, était à... (Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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Le député de Chomedey, Guy Ouellette, était à Laval mardi avec le chef de son parti et d'autres membres de celui-ci pour y faire la promotion de leur promesse d'offrir le transport en commun gratuit aux aînés et aux étudiants.

Patrick Sanfaçon, archives La Presse

Une policière de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), affectée à l'enquête sur les fuites médiatiques qui a mené à l'arrestation de Guy Ouellette l'an dernier, a été suspendue durant l'été 2017.

Selon de nouveaux paragraphes des affidavits au soutien de mandats de perquisition dans l'enquête visant le député rendus publics ce matin, la policière était soupçonnée d'avoir prévenu l'un de ses collègues qu'il était l'une des cibles de l'enquête sur les fuites.

Ce collègue, c'est Stéphane Bonhomme, sergent à l'UPAC, arrêté en octobre 2017 dans l'enquête sur les fuites, mais toujours pas accusé.

Il y a eu de nombreuses fuites de documents d'enquête confidentiels de l'UPAC ces dernières années dans les médias, certains émanant de l'enquête Mâchurer sur le financement du Parti libéral du Québec (PLQ) et visant, entre autres, l'ancien premier ministre Jean Charest et l'ex-argentier du PLQ, Marc Bibeau.

Selon la théorie de la police, Stéphane Bonhomme aurait subtilisé des documents d'enquête et les aurait ensuite remis à un ancien collègue, Richard Despaties, retraité de la SQ et congédié de l'UPAC en 2016. Ce dernier aurait ensuite transféré les documents à Guy Ouellette, toujours selon l'UPAC. Comme Stéphane Bonhomme, Richard Despaties et Guy Ouellette ne sont toujours pas accusés dans cette affaire. En revanche, des documents et des appareils électroniques leur appartenant ont été saisis par les enquêteurs de l'UPAC et certains font l'objet d'un bras de fer devant les tribunaux.

Un malaise

Selon ce que l'on peut comprendre dans les documents rendus publics ce matin, la policière de l'UPAC a manifesté à la mi-juillet 2017 à ses patrons « son malaise d'enquêter sur un collègue » en raison des impacts négatifs que cela pourrait avoir sur sa carrière.

Dans la même période, cette policière a discuté avec Stéphane Bonhomme et, quelques jours plus tard, ce dernier a demandé, par écrit, à son employeur, un nouveau téléphone cellulaire, car il a expliqué avoir échappé le sien dans la rue et qu'une voiture avait roulé dessus, « le rendant inopérant ».

« J'ai des motifs raisonnables et probables de croire que XXXXX a informé Stéphane Bonhomme de l'intérêt que ses registres téléphoniques et son cellulaire pouvaient avoir pour l'enquête. J'ai des motifs raisonnables et probables de croire que postérieurement à cette prise de connaissance de l'enquête, Stéphane Bonhomme a délibérément rendu inopérant son téléphone cellulaire », écrit le policier qui a rédigé l'affidavit.

La policière qui aurait prévenu Stéphane Bonhomme a été affectée à d'autres tâches le 27 juillet 2017.

On apprend également dans l'affidavit que c'est vraisemblablement de cette façon que le directeur de la Sûreté du Québec, Martin Prud'homme -actuellement directeur par intérim du SPVM- a appris l'existence de l'enquête sur les fuites. La policière de l'UPAC a vraisemblablement été suspendue peu après. Puisqu'elle appartenait officiellement à la SQ, le bureau des normes professionnelles de celle-ci a été prévenu et la nouvelle serait ainsi parvenue jusqu'aux oreilles de Martin Prud'homme.

Rappelons que lorsque Guy Ouellette a appelé Martin Prud'homme à la même époque pour lui parler de certaines choses, le directeur de la SQ a avisé l'UPAC, car il ne savait pas comment réagir. L'UPAC a envoyé deux enquêteurs de la Gendarmerie Royale du Canada le rencontrer, par souci de transparence et d'étanchéité.

L'enquête sur les fuites visant entre autres Guy Ouellette est terminée, mais elle est actuellement gelée, car le député conteste devant les tribunaux la saisie et l'examen possible de son téléphone cellulaire par les enquêteurs. Il invoque le privilège de l'Assemblée nationale. Il revient en cour le 3 octobre prochain.

 

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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