Des stupéfiants livrés en prison par des drones

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Deux drones ont déjà été observés au-dessus des centres de détention de Saint-Jérôme (photo) et Hull. Ces appareils téléguidés sont utilisés pour la contrebande de stupéfiants, de cellulaires ou de tabac.

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Marie-Michèle Sioui
La Presse

Depuis 2011, deux drones ont été observés au-dessus de prisons québécoises et trois autres ont été saisis par les autorités. Des chiffres qui surprennent le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ), qui s'attendait à ce que ceux-ci soient plus élevés.

Ils servent à la contrebande de stupéfiants, de cellulaires ou de tabac: les drones, ces engins volants téléguidés, sont de «plus en plus» utilisés pour remplacer les flèches ou les balles de tennis habituellement lancées en direction des cours extérieures des établissements carcéraux, observe-t-on dans le milieu.

Selon des données obtenues en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, deux drones ont été observés au-dessus des établissements de Hull et de Saint-Jérôme de janvier 2011 à juin 2014, tandis que trois autres ont été saisis dans les centres de détention de Rivière-des-Prairies et de Montréal.

«À mon avis, c'est plus que ça», a réagi hier Mathieu Lavoie, président du SAPSCQ. «C'est encore arrivé dans les dernières semaines.»

En novembre 2013, la présence d'un drone au-dessus de la prison de Hull avait fait grand bruit et alerté les médias internationaux. Le président du SAPSCQ de l'époque, Stéphane Lemaire, avait dénoncé cette technique de «livraison» sophistiquée, car contrôlée par un pilote pouvant être situé à un kilomètre de la prison. Ailleurs dans le monde, au Brésil notamment, on rapportait la même année des cas semblables.

L'avènement des drones

Mais ce n'était là que le début de «l'avènement des drones», comme le dit Mathieu Lavoie.

«L'évolution des technologies fait en sorte que les drones peuvent transporter des charges accrues», a-t-il observé. Déjà, les entrées clandestines se font davantage par les airs, selon lui. «Ça permet d'entrer de plus grosses quantités [en comparaison aux entrées au sol] et il y a moins de risque de se faire prendre», a-t-il expliqué. Les drones, donc, représenteraient un moyen plus sûr et plus rentable d'assurer le trafic de stupéfiants à l'intérieur des prisons. À ce jour, Mathieu Lavoie est incapable de dire si des pilotes de ces appareils se sont fait attraper.

Des chiffres du ministère de la Sécurité publique permettent de constater que 86 personnes se sont fait intercepter avec des «substances illicites» dans les établissements de détention entre 2008 et 2013. Impossible, cependant, de savoir la voie que les contrevenants avaient privilégiée pour faire entrer la drogue. Et puisque les saisies sont effectuées par la Sûreté du Québec, le Ministère «ne peut affirmer hors de doute qu'il s'agissait bien de stupéfiants».

Un nouveau défi

Le défi des drones est nouveau. «C'est une chose de plus à surveiller», a admis Mathieu Lavoie. Fin 2013, son prédécesseur avait proposé des solutions à cette problématique et espérait une réponse rapide du ministère de la Sécurité publique. Plusieurs mois plus tard, la réaction gouvernementale n'est pas tout à fait arrivée.

«On rencontre le gouvernement au mois d'août», a indiqué Mathieu Lavoie. Sans s'avancer sur les exigences du milieu carcéral, il a précisé que les filets de sécurité, semblables à ceux installés dans les établissements de Chicoutimi et Trois-Rivières, pouvaient «prévenir les entrées».

«Mais ce n'est pas efficace à 100%. Ça prend aussi une surveillance», a-t-il nuancé. À ce sujet, le ministère de la Santé publique a assuré dans sa réponse à la demande d'accès à l'information de La Presse qu'il «existe des directives pour le personnel des établissements de détention concernant le survol ou l'intrusion de drones». Mathieu Lavoie n'en a jamais entendu parler.

Une note concernant les filets anti-évasion aurait quant à elle été produite le 21 mai 2013, mais le Ministère n'en a pas dévoilé la teneur.

- Avec Serge Laplante




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