De la casse au centre-ville

Vitrines cassées. Voiture de police renversée. Commerce pillé. La 16e manifestation contre la brutalité policière a encore une fois été marquée par du grabuge, du vandalisme et une intervention des policiers qui s'est terminée avec environ 150 arrestations.

Les manifestants s'étaient donné rendez-vous au parc Émilie-Gamelin à 17 heures. Quarante-cinq minutes plus tard, la marche se mettait en branle vers le centre-ville.

Très tôt, des morceaux d'asphalte et des pierres ont été lancés aux policiers. À 18 h 20, les policiers ont diffusé leur premier message déclarant que la manifestation était maintenant illégale et que les gens devaient se disperser.

Devant les bureaux de Loto-Québec, les premières grenades assourdissantes se sont fait entendre. Trois engins ont explosé dans les airs et ont divisé le groupe de manifestants.

À peine plus loin et à peine plus tard, la vitrine d'une boutique de vêtements a été fracassée rue Sainte-Catherine. De l'autre côté de la rue, des manifestants ont dessiné des graffitis rouges et ont détruit les vitres d'une voiture de police.

Plus tard, ce même véhicule a de nouveau été pris d'assaut par les manifestants. Après avoir donné des coups et sauté sur le véhicule, des manifestants l'ont basculé sur le capot, bloquant complètement la rue Sainte-Catherine. Une autre voiture de police a subi des dommages sur la rue Saint-Urbain.

Les manifestants ont ensuite poursuivi leur chemin dans la rue Sainte-Catherine pendant que d'autres marchaient rue Sherbrooke. Devant le Future Shop, certains sont entrés dans le commerce pour commettre des vols. «Dix personnes sont entrées, elles ont pris des PS3 et sont ressorties très rapidement», a raconté Karim, le gérant du commerce, visiblement ébranlé. Les employés devaient encore regarder les vidéos de surveillance pour faire le bilan des vols.

Grenades

À leur sortie du magasin, un barrage de six chevaux attendait les manifestants. L'un d'entre eux a violemment lancé une pierre, qui a atteint la patte d'une des bêtes. La réaction des manifestants était contrastée: certains huaient, d'autres applaudissaient le geste. Les chevaux ont rapidement quitté la rue.

Une dizaine de grenades assourdissantes ont résonné durant la soirée. À l'intersection des rues Peel et Sainte-Catherine, l'une d'entre elles a explosé dans la foule plutôt que dans les airs. Un jeune homme, Juan, qui avait une lacération d'environ six centimètres sur le front, prétendait avoir été blessé par l'un de ces engins. Un autre homme, le grand-père de deux adolescents qui participaient à la manifestation, déplorait la dangerosité de ces bombes. Une jeune femme l'aidait a aspergé d'eau ses yeux irrités.

Un dernier groupe de 300 personnes s'est finalement rendu à leur point de départ, au parc Émilie-Gamelin. Là, les policiers ont tenté de confiner les manifestants dans le parc plutôt que dans les rues.

Steve dit qu'il aidait un gars à se remettre debout lorsque les policiers ont chargé, à l'angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Hubert.

«J'aidais un gars à se relever. La police m'a dit: "tasse-toi." J'ai dit: "Je ne vous ferai rien". Ils m'ont répondu: "C'est pour notre sécurité." Puis j'ai eu des coups dans le dos», se plaint Steve.

C'est son ami Wessley Lahens qui l'avait amené à la manifestation.

Urgences-santé est intervenu auprès d'une douzaine de manifestants. Certains avaient fait une chute, d'autres souffraient d'éraflures ou avaient reçu des projectiles. Mais peu d'entre eux ont voulu recevoir les soins des ambulanciers. Un policier a aussi été blessé à une cheville, mais personne n'a été transporté dans un centre hospitalier.

Les policiers ont finalement encerclé les derniers récalcitrants. Une centaine d'entre eux ont été arrêtés. Le Service de police de la Ville de Montréal fera un bilan aujourd'hui.

Un squeegee a empoigné un bâton de bois... (Photo: André Pichette, La Presse) - image 2.0

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Un squeegee a empoigné un bâton de bois tenant une pancarte et en a asséné un très violent coup sur le dos d'un casseur.

Photo: André Pichette, La Presse

* * *

Un squeegee protège une boutique

Une scène insolite est survenue quand un manifestant a fracassé la vitrine d'une boutique BCBG, rue Sainte-Catherine. Un homme a empoigné un bâton de bois tenant une pancarte et en a asséné un très violent coup sur le dos du casseur. «Cette boutique n'a rien à voir avec notre cause! Je suis squeegee, les gens qui viennent magasiner ici, c'est ma business de tous les jours! Allez manifester!», a-t-il hurlé à l'intention des amis du casseur, médusés, qui n'ont rien trouvé à répondre.

Récapitulatif des événements

17 h 55

La marche se met en branle à partir du parc Émilie-Gamelin. Des feux d'artifice et des pétards explosent dans la rue Berri, angle Sainte-Catherine.

18 h 25

Rue Sherbrooke, trois grenades assourdissantes sont lancées pour disperser les manifestants. Il y en aura d'autres plus tard (angle Sherbrooke et Aylmer).

18 h 40

Vitrine d'un magasin fracassée rue Sainte-Catherine. De l'autre côté de la rue, les vitres d'une auto-patrouille recouverte de graffitis sont aussi brisées (960, rue Sainte-Catherine Ouest).

19 h 30

L'auto-patrouille vandalisée est retournée par quelques manifestants, qui sautent ensuite sur le véhicule (870, rue Sainte-Catherine Ouest).

20 h

Dix manifestants entrent dans le magasin Future Shop. Ils prennent des consoles de jeux PS3 et ressortent aussitôt (460, rue Sainte-Catherine Ouest).

21 h 30

Les derniers manifestants sont arrêtés en groupe près du parc Émilie-Gamelin (angle Berri et de Maisonneuve).




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